L’Aéronavale aujourd’hui: compte rendu du colloque du 10 Juin 2009

Cross-posté sur Alliance Géostratégique dans le cadre du débat du mois sur l’action stratégique en mer.

Le 10 Juin 2009 s’est tenu un colloque sur l’aéronavale à l’école militaire. Au programme de nombreuses interventions sur l’action de l’Etat en mer, la diplomatie navale, le combat et le lien entre ces éléments et la troisième dimension. Il ne s’agit pas ici de faire un récit détaillé de toutes les interventions, ce serait long et en fin de compte inutile. Ce qui va suivre sont surtout quelques impressions et réflexions à chaud.

Ce colloque intervient naturellement dans un contexte particulier, la loi de programmation militaire va être voté le 16 Juin, le livre blanc sur la défense et la sécurité nationale a repoussé la décision finale sur le problème des porte-avions à 2012, enfin depuis avril un processus de discussions et de consultations a été lancé, le Grenelle de la Mer (encore un grenelle…). Le moment était donc opportun pour parler d’avions et de marine.

Au cours des discussions, l’inévitable sujet qui fâche, le PA2, a, bien entendu été abordé pourtant ce qui frappe c’est sa part relativement mineure dans les discussions de la journée. Les intervenants, particulièrement les officiers de marine, ont largement insisté sur le fait que si le porte-avions est un symbole fort ce n’est en aucun cas l’unique composante de l’aéronavale. En réalité, c’est bien plus que cela et le colloque a été l’occasion de bien le montrer. En plus du porte-avions, il faut naturellement aussi compter avec les hélicoptères embarqués à bord des frégates, la Patrouille Maritime (PATMAR) avec notamment ses indispensables Atlantique 2, et aussi les composantes basées à terre avec des missions comme le sauvetage en mer.

La première partie de la journée fut occupée par l’action de la marine au quotidien aussi bien près des côtes françaises avec par exemple le sauvetage ou la protection de l’environnement que dans les espaces lointains avec la lutte contre le trafique de drogues ou encore les actions contre la piraterie dans le golf d’Aden. C’est là qu’apparaît alors le rôle considérable joué par le couple frégate-hélicoptère et la PATMAR dans le contrôle des espaces maritimes. L’amiral Laurent Merer a fait remarqué que ces deux éléments étaient les principaux outils à disposition du commandant régional du fait de leur permanence. Le porte-avions est un outil d’une tout autre nature qui ne se montre que de manière ponctuelle sur une zone donnée et surtout est contrôlé à un niveau hiérarchique bien plus élevé. Découverte intéressante, la marine pense désormais ses avions de patrouille maritime (type Atlantique 2) comme des frégates. C’est à dire qu’ils sont facile à prépositionner (par exemple, à Dakar) et peuvent rester sur zone pour une durée relativement longue. Le problème du temps fut d’ailleurs un thème de la journée. L’aéronavale offre des capacités rapides, flexibles et versatiles à la marine, des qualités que les intervenants ont eu à cœur de souligner.

La deuxième partie de la journée fut occupée par l’aéronautique navale au service de l’action diplomatique et l’aéronautique navale au combat. Le porte-avions a eu une place un peu plus importante. Ce fut l’occasion de revenir sur les développements de l’aéronavale à travers le monde, notamment en Inde et en Chine. La conclusion étant que si tout le monde veut des porte-avions c’est que cela doit bien servir à quelque chose. Heureusement ce débat fleuve ne pris pas trop d’importance. Cela tout de même été l’occasion de revenir sur l’affaire de Suez (1956) et le rôle joué par l’aéronavale, surtout anglaise, dans ces évènements.

Puisqu’il est question de la perfide Albion, c’est l’occasion de mentionner la présence de l’attaché naval américain et son homologue britannique. Le premier était présent le matin et a expliqué un peu comment l’US Navy et les Coast Guard organisaient l’action de l’Etat en mer. Les français firent l’éloge de la de la coopération avec « la grande sœur » (terme utilisé) américaine. Pour Reggie Carpenter, l’attaché naval US, les aéronavales à travers le monde sont toutes liées par une culture commune de la mer et de l’aviation. Cette proximité est particulièrement marquée avec la marine française qui est la seule à mettre en œuvre un porte-avions avec catapulte, identique donc aux modèles américains. En revanche l’expérience de l’attaché naval britannique fut peut être un peu plus malheureuse. Plusieurs intervenants ont insisté en sa présence sur la perte de capacités aéronavales de la Royal Navy. Mais il a eu l’occasion d’expliquer à l’assistance le modèle britannique de Joint Forces Area qui est un système de gestion commune des avions Harrier entre la Royal Navy et la Royal Air Force et les risques encourus. En effet, avec l’engagement en Afghanistan la Royal Navy a perdu ses appareils engagés à terre, échaudé par cette expérience la RN entend désormais garder le contrôle de ses avions tout en conservant le système.

C’est un modèle à la fois différent et similaire dont il va être question pour les hélicoptères français avec la mise en place d’un commandement inter-armée. Le commandant de l’ALAT parla des différents moyens de mutualiser les moyens notamment avec une formation initiale commune. Car d’inter-armée et de coopérations inter-agence il en fut souvent question. Cette évolution semble satisfaire la marine et l’Armée de Terre, l’armée de l’air semble plus réticente.

Dernier point significatif, le capitaine de vaisseau Christophe Pipolo a fait une intervention sur la mise en place d’une politique étrangère maritime, c’est à dire ayant la mer et les espaces littoraux pour centre de son action.

Bref, la variété des sujets abordés pendant cette journée est considérable. La journée c’est terminé par le témoignage de deux officiers qui ont eu l’occasion de voler dans des missions de combat, le premier avec un Atlantique 2 au Tchad et le second en Afghanistan avec un Super Etendard.

En dernière analyse, on peut retenir quatres axes pour cette journée. Le premier, c’est la gestion de la pénurie. Deuxièmement, la logique de la coopération inter-armée et inter-agence. Troisièmement, sortir d’une logique de milieu. Enfin, en dernier lieu la fragilité de cette outil matériel et humain.

Gestion de la pénurie car comme toute les forces, la marine souffre dans un manque chronique de moyens et les hélicoptères sont très touchés. Un des intervenants l’a rappelé, les Alouettes III utilisées dans l’affaire du Ponant ont l’âge de la 2CV. Les avions de la PATMAR sont toujours plus sollicités. Et alors même que les ressources sont rares, les missions elles sont toujours plus nombreuses. Les hommes et le matériels sont donc soumis à une pression toujours plus importante alors que l’échec est de moins en moins bien toléré par les autorités civiles et l’opinion publique.

De ces difficultés découlent la nécessité impérative de coopérer à la fois entre armes, mais aussi entre administrations et pays. Cette nécessité est particulièrement prégnante dans le domaine de l’action de l’Etat en mer mais aussi ailleurs comme le montre l’exemple du future commandement inter-armée des hélicoptères.

En lien avec le problème de la coopération, les intervenants ont plusieurs fois appelé à sortir de la logique de milieu pour aller vers un modèle de fournisseur de services aux différentes administrations et forces. Voir à ce sujet, la plume et le sabre.

Enfin, l’instrument qu’est l’aéronavale a été patiemment construit pendant 20 ans de la guerre d’Indochine aux années 60. Les officiers de marine ont longuement insisté sur la fragilité de cet instrument dont le maintien en condition opérationnelle demande des arbitrages constants entre de multiples priorités. C’est, pour reprendre une expression employée  pendant la journée, un « subtil élixir » qui serait en péril.

C’est à l’amiral Jacques Launay qu’est revenu la conclusion : « l’air est l’extension de l’axe des ordonnés de l’espace maritime ».

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Les porte-avions

Sur Théâtre des opérations, Yves Cadiou a jeté un nouveau pavé dans la marre. Ce n’est pas tant le PA2( le futur deuxième porte-avions de la marine nationale) qui pose problème que l’idée même d’en posséder.

Ménesglad a déjà fait une réponse dans son commentaire mais nous allons aller un peu plus loin. En effet, il n’y a pas que les affreux terriens qui remettent en cause les porte-avions, outre-atlantique nombreux sont les observateurs remettant en cause l’utilité des porte-avions à l’air des missiles, des redoutables sous-marins nucléaires d’attaque et de la guerre réseau-centré (network-centric warfare).

Parler de porte-avions nous oblige à parler d’avion. L’une des premières utilisations de la 3eme dimension fut la reconnaissance aérienne. Les marins ont compris très vite l’utilité des engins volants pour patrouiller les vastes espaces maritimes. Dès la première guerre mondiale, des dirigeables et des avions furent utilisés dans ce rôle. Dans le même mouvement l’idée de mettre ces engins à bord des navires de combat commença à flotter dans l’air.

L’aviation navale continua à s’affirmer pendant les années 20 et 30. L’aéronavale basée à terre se développa et un nouveau rôle apparu, la lutte anti-sous-marine(ASM).  Alors même que les avions basé à terre voit leur rôle reconnu pour le contrôle des espaces maritimes, on commence à installer des avions sur les navires. Cela donne ceci:

Croiseur Foch Il y aura aussi en France des expériences plus originales comme le porte-hydravions  » Commandant Teste »

Si l’utilité des avions dans le domaine de la reconnaissance était évidente, il en allait tout autrement pour l’attaque.

Entre les zélotes de l’air qui pensait que les bombardiers lourds à long rayon d’action étaient l’arme suprême qui allait bannir le cuirassé des mers et les conservateurs acharnés ne jurant que par le cuirassé( avec une légère protection anti-aérienne), le combat fut pendant les années 30 assez indécis. Néanmoins,  la Royal Navy(RN), la marine impériale japonaise (IJN) et l’US Navy construisent un nombre important de porte-avions. La France n’eut qu’un seul porte-avions dans ces années là: le Béarn. Une nouvelle série était prévue mais suite au désastre de Juin 40, elle ne pu jamais voir le jour.

bearn_1928 A la veille de la guerre, les trois plus grandes marines du monde(l’IJN, l’USN et la RN) possèdent des porte-avions. La Royal Navy possédait 4 porte-avions, l’US Navy en a 7 et l’IJN 10. Ce développement des porte-avions était permis pas le traité de Washington qui limitait fortement la construction de cuirassés et autres navires lourds. Il restait alors les porte-avions dont on pouvait supposer qu’ils joueraient un rôle important mais lequel? Force de reconnaissance à l’avant de la force principale? Ou au contraire, force principale couvert par l’écran de la flotte?

C’est l’expérience de la guerre qui tranchera le débat. Oui, les avions sont capables de détruire une flotte adverse mais contrairement à ce que pensait les zélotes, les bombardiers lourds sont notoirement inefficaces. C’est bien à l’aviation embarquée que revient le premier rôle de traque et de destruction de l’ennemie. En fait, la seconde guerre mondiale illustre la multitude de rôles de l’aéronavale: force d’assaut aussi bien contre la mer que contre la terre mais aussi contrôle de l’espace maritime avec la lutte contre les sous-marins.

C’est donc la première leçon. Pour une marine, l’avions sert à contrôler l’espace maritime et à frapper. Cet un instrument d’autant plus redoutable que la mer couvre 70% du globe et que les grandes concentrations humaines souvent à moins de 200 km de la mer.

Mais le sceptique soucieux de la meilleur utilisation des deniers publiques répond alors que nous ne sommes plus en 1940. Des progrès considérables ont été effectués dans le domaine des missiles, de bombardier intercontinentaux et tant d’autres choses. De sorte que si l’aéronavale paraît encore indispensable, il en va autrement de l’aviation embarqué. De nos jours, un bombardier Tu-160 Blackjack peut décoller du sud est de la Russie et arriver sans encombre au Venezuela. Pendant toute la guerre froide, ce fut un duel permanent entre la glaive de la marine soviétique, les bombardiers et leurs redoutables missiles, et le bouclier de la flotte américaine, ses intercepteurs et à partir des années 70 le système Aegis.

Tu-22M Backfire intercepté par un F-14
Tu-22M Backfire intercepté par un F-14, pour la marine soviétique sa flotte de bombardiers lourds devait être capable de détruire la flotte adverse à l'aide de missiles anti-navire à longue portée.

Le débat n’est pas encore tranché et il faut espérer qu’il ne le sera jamais. Il semble bien en tout cas, que dans le rôle d’interdiction de l’espace maritime, la solution soviétique était viable. Mais c’était une solution limité aux abords de l’espace soviétique. On voit mal une force de ce type réussir à intervenir efficacement jusque dans l’Atlantique Sud. Dans les espaces lointains, le porte-avions conservent alors toute son utilité. Ici émergent donc deux visions stratégiques: l’une défensive, l’autre offensive tourné vers le contrôle des espaces maritimes lointains et l’exploitation de ce contrôle.

Il existe deux autres grandes critiques: 1) La vulnérabilité des navires de surface face aux sous-marins nucléaires modernes et 2) la vulnérabilité face à des navires petits, lourdement armés et opérant en réseau. Ce blog n’est pas vraiment qualifié pour discuter en détail  ces deux problèmes. On se bornera à quelques  observations.

Tout d’abord on rappellera qu’aussi puissant que soit le sous-marins nucléaire, des contraintes opérationnels subsistent. Notamment, et ce n’est pas négligeable, il est difficile de communiquer avec un sous-marin. Le sous-marin moderne est un loup solitaire.

Deuxièmement, on notera la thèse de la mort des grands navires sous les coups de la révolution des missiles et des réseaux informatiques ressemblent beaucoup à la « jeune école » de la fin du XIXeme siècle. C’est une ressemblance très suspecte. Mais on laissera ce débat à des spécialistes compétent. Ils sont d’ailleurs vivement incités à se manifester sur ce blog ou ailleurs.

Si nous supposons que le porte-avions restent l’arme suprême d’une puissance maritime, alors une puissance globale peut difficilement s’en passer. L’équation est simple, perdre un porte-avions, c’est perdre son autonomie stratégique: la liberté de frapper où, quand et comme on l’entend.

Dire que les bases terrestres donnés par des alliés suffisent n’est tout simplement pas possible. Si nous prenons l’exemple de Bahreïn où une base française est en cours d’installation. Il y a deux problèmes:

1) Cette option aurait-elle été disponible si la France ne disposait pas d’un outil militaire crédible au niveau globale, donc d’un  porte-avions?

2) Quand bien même, ce ne serait pas le cas, quand est-il de la fiabilité politique d’un Etat peuplé majoritairement de chiites gouvernés par une minorité sunnite sous la menace permanente de missiles balistiques iraniens?Il est évident que dans une telle situation, la France n’est pas libre de ses mouvements. Elle ne peut intervenir qu’aux termes posés par l’État hôte.

Si on élargis un peu la perspective, on voit bien tout les problèmes politiques que posent les bases aériennes de l’OTAN en Asie centrale. En résumé, le fait que les bases terrestres suffisent n’a absolument rien d’évident. Ce que nous gagnons en économie se perd en flexibilité. Cela ne signifie pas pour autant que le calcul n’est pas valable. Mais il ne fait pas se leurrer, tout à un prix.

Plus généralement, sans porte-avions la France n’a plus la capacité d’entrer en premier sur un théâtre d’opération. Il doit désormais y entrer selon les termes choisis par selon les termes choisis par d’autres qui ont cette capacité. C’est à dire les États-Unis d’Amérique. Il ne s’agit pas de dire qu’il est vraisemblable que la France intervienne seul de nos jours ( ce n’est pas impossible mais assez improbable), mais de montrer que sans cette capacité notre influence sur la manière dont doit se dérouler le conflit diminue dramatiquement. On voit mal la France donner des leçon sur la manière de procéder lorsque celle-ci n’a rien à offrir. Pour être écouté, il faut quelque chose à vendre. Cette axiome peut se décliner autrement, pour être pris au sérieux, il faut un gros bâton.

Enfin, on peut difficilement éviter de parler de la tarte à la crème: la guerre des Malouines. Voilà l’exemple moderne parfait. Sans porte-avions, cette affaire aurait été un désastre de première grandeur pour le Royaume-Uni. La crédibilité internationale du pays aurait été irrémédiablement atteinte. La France avec le deuxième domaine maritime du monde peut difficilement éviter de méditer cette exemple.

Pour conclure, derrière ce débat sur le porte-avions se cache un débat bien plus fondamental. Celui de la place et de l’ambition de la France dans le monde. La France doit-elle jouer un rôle global? Est-ce vraiment nécessaire? Nos intérêts ne seraient-il pas mieux gardés par une posture similaire à l’Allemagne ou à l’Italie? Dans ce cas, un porte-avions serait un gadget inutile sans aucun  doute. Si en revanche la France aspire à peser sur les grandes affaires du monde, à peser dans les grandes confrontations militaires de demain, alors il lui faudra une marine globale et donc un porte-avions. Mais avant d’en arriver là, encore faut-il se poser sérieusement la question des moyens, des ambitions et des intérêts.

EDIT: En lisant les commentaires sur Théâtre d’opération, je me suis rendu compte qu’une autre objéction a été soulevé. La vulnérabilité des porte-avions aux missiles ballistiques. Le sujet complexe, on se bornera à faire deux observations:

-les conditions nécessaires au succès d’une telle frappe sont multiples. La plus grande contrainte est sans aucun la détection et le ciblage. Il est tout à fait possible d’y échapper.

– si le pire arrivait, il existe des solutions techniques pour détruire les engins avant qu’ils touchent leur cible. L’US navy a rencontré un succès incontestable dans le devellopement de son système de défense anti-ballistique: le SM-3.

2015: l’année du porte-avion Chinois

cnplanVia  information dissemination,  un article paru dans l’Asahi Shimbun, grand quotidien japonais,  affirme que le marine chinoise entend se doter de deux porte-avions d’environ 50 à 60 000 tonnes de déplacement, elle entend aussi compléter un porte-avion d’origine soviétique, le  Varyag, acheté à l’Ukraine en 1998.

Comme le fait remarquer notre amiral en chambre préféré, Galrahn, ce programme ambitieux était attendu depuis longtemps. Toutefois, la nouvelle surprendra peut être certains observateurs qui voyaient plutôt la marine chinoise arriver à ce niveau vers 2020. Rien ne dit d’ailleurs qu’ils aient tord car la Chine ne dispose pas d’expérience en matière de construction de navires de combats de cette taille sans même parler de porte-avions. Et il est douteux que l’étude du Varyag soit suffisant pour pallier ce problème.  Il ne serait donc guère étonnant qu’un programme aussi ambitieux rencontre des retards et des difficultés. Et il faut bien évidemment rappeler qu’il ne suffit pas d’avoir une coque pour avoir un groupe aéronavale opérationnel, la marine chinoise n’ayant pas d’expérience dans ce domaine. L’horizon de 2020 reste donc raisonnable.

Un tel programme s’inscrit bien évidemment dans le  contexte du développement rapide de la marine chinoise ces 20 dernières années. Il représente toutefois une rupture; il était en effet largement admis que la priorité de la marine chinoise était durant les années 90 de se doter des moyens de reprendre Taïwan par la force si nécessaire.Selon les experts, une telle capacité devrait être définitivement acquise d’ici les années 2015-2020. L’un des grands obstacles étant par exemples le manque de navires amphibies. Une invasion de Taïwan nécessite de dominer l’espace aérien et maritime autour de l’île et d’empêcher l’US navy d’intervenir grâce à des stratégies asymétriques. Un portes-avion dont les chances de survie au combat semblent limité face aux capacités de reconnaissances et d’attaques de l’US navy ne paraît pas rentrer dans cette stratégie.

Il est donc possible de penser comme Galrahn que cette décision s’inscrit dans un autre contexte, après avoir sécuriser ses abords, le gouvernemnt chinois souhaite s’aventurer au grand large. Notamment pour sécuriser les voies d’approvisionements énergetiques dans l’ocean indien contre d’éventuelles interferances. D’autant plus nécéssaire, qu’un rivale tout aussi ambitieux est placé en plein coeur de cette artère vitale: l’Inde.Mais il s’agit aussi sans doute transformer la Chine en véritable puissance mondiale grâce à cet outil hors du commun qu’est le porte-avions.