23 Juin 217 av JC: La bataille de Raphia

Après avoir suivie les affaires grecs, la deuxième partie de l’histoire politique du monde hellénistique reviens sur les affaires d’Asie et notamment la Coele-Syrie, territoire disputé entre les empires lagides et séleucides depuis un siècle.

La bataille de Raphia aussi connu sous le nom de bataille de Gaza est le choc décisif qui fit tourner à la faveur de l’Egypte la quatrième guerre de Syrie.L’armée égyptienne commandé par le jeune Ptolémé IV Philopator arrête l’armée Seleucide d’Antiochos III au porte du royaume.C’est à cette occasion que pour la première fois sera utilisé par la dynastie lagide des soldats indigènes.

Pour comprendre l’affaire, il faut remonter à la jeunesse d’Antiochos III dans les années 220.Encore inexpérimenté et influençable, il se laissa convaincre pas son puissant conseiller, Hermias, de lancer une campagne en Syrie.En effet, les conditions étaient supposées favorables pour réaliser l’obsession séleucide de conquérir la Syrie.Cette campagne lancé en 221 se heurta aux solides défenses égyptiennes mises en place par Ptolémé III Evergète au Liban et se solda très vite par un échec complet.La guerre fut donc abandonné et l’affaire resta sans suite car Antiochos III faisait face à plusieurs rebellions.

L’affaire repris en 219, Ptolémé IV règne depuis 221 et il est dominé par les personnalités encombrantes et très impopulaires que sont ses deux conseillers, Agathocle et Sôsibios.Le moment paraissant favorable, Antiochos III, débarassé d’Hermias, décide de reprendre le combat.Il rencontre au début un grand succès, facilité par la trahison du commandant qui l’avait défait en 221.Celui-ci, un mercenaire étolien du nom de Théodote, s’estimait mal récompensé par le souverain lagide pour ses efforts.C’est ainsi qu’a l’hiver 219, l’armée séleucide a bien avancé et Antiochos accepte de négocier convaincu que l’issue lui sera favorable.Une trève de quatre mois est proclamée.

Ces quatre mois seront mis à profit par Sôsibios pour reconstituer l’armée égyptienne dont une bonne partie a été perdu en Syrie.Celle-ci comprendra entre autre 20 000 indigènes équipés en hoplites sur un total de 75 000, fait tout à fait révolutionnaire qui s’explique par l’urgence de la situation.Mais cette décision sera lourde de conséquences pour l’avenir, à partir de cette époque les troubles indigènes seront endémiques.

En 218, Antiochos III achève la conquête de la Coelé-Syrie à l’exception de quelque place mais l’armée égyptienne n’a pas encore été engagé.L’année 217 sera décisive.A la belle saison, l’armée égyptienne sort au devant de l’armée séleucide.La rencontre a lieu à Raphia à la frontière de l’Egypte et de la Palestine.Après un début prometteur pour Antiochos, la bataille se termina en désastre pour le séleucide.Le Basileus se retira rapidement vers Antioche pendant que Ptolémé IV recuperait son ancien domaine syrien à l’exception de Seleucie de piérie.L’Egypte ne poussa pas son avantage et une armistice mis fin à la guerre.

Cette victoire accorda un répis à l’Egypte  pour quelques années,  mais jamais Antiochos ne renonça à son projet.

Carte de Syrie

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Rome et le Royaume de Macédoine jusqu’à la paix de Phoinikè.

On a déjà vu comment la puissance romaine s’était fait sentir en Illyrie.Voisin, le roi de Macédoine, si il n’était pas hostile, n’avait guère de raison d’être satisfait mais les choses auraient pu en rester là.

Ce ne sera pas le cas.En effet, les ambitions du jeune Philippe V sur l’Illyrie voisine vont changer le cours des choses.

Pour comprendre il conviens de revenir en arrière, dans les années 220.Pour la première fois, les romains interviennent dans des affaires certes périphériques mais incontestablement grecques.A cette occasion, les romains laisse en place à Corcyre Démétrios de Pharos, tyran mis en place par les illyriens mais qui les trahis au profit de Rome.Ce dernier, personnage ambitieux, profitera de l’absence des romains occupés par la deuxième guerre punique pour étendre son influence le long des côtes de l’Adriatique.Tout va si bien qu’il devient régent du jeune roi d’Illyrie.Encouragé par ses succès, Démétrios viole l’interdiction posé par les romains aux illyriens de naviguer au sud de Lissos.Il lance une expédition navales dans la mer Egée.A la suite de ces évènements, le Sénat envoie en 219 une flotte chasser le tyran de Corcyre qui part se réfugier auprès de Philippe V de Macédoine.Ce dernier va se montrer intéressé par le perspectives d’expansion que lui fait miroiter Démétrios en Illyrie pendant que les romains font face à Hannnibal.

En 217, Philippe V fit une brève tentative sur Appollonie, convaincu qu’après la défaite du lac Trasimène Rome ne peut plus intervenir.Ce fut un échec toutefois sans dommage.Mais les macédoniens ne vont pas s’arrêter là.Deux ans plus tard, le souverain macédoniens conclu un traité d’alliance avec Hannibal qui lui donne les mains libres pour agir.Mais le début des opérations est médiocre, l’armée royale est battus par Valerius Laevinus en 214.Mais cette résistance ne va pas durer et dans les années 213 et 214 la situation romaine se dégrade en Illyrie.

Soucieux de stopper l’avance de Philippe V au moindre coût, Rome embarque en 212 la ligue étolienne dans l’affaire grâce à Valerius Laevinus.Entre autre la ligue s’engageait à attaquer les macédoniens en échange d’un soutien naval de plus aucune des parties au traité ne pouvait conclure une paix séparée.A la suite des cette alliance les Eléens et les Messéniens ainsi que le roi de Pergame se joignent à la coalition et, profitant de la confusion, Sparte reprend sa guerre contre la ligue achéenne.

C’est donc dans une situation assez compliqué que Phillipe V avance ses pions en Illyrie et doit aussi défendre ses alliés.La guerre traîne malgré les offres de négociations plus ou moins intéressé de Rhodes et de d’Alexandrie jusqu’à ce qu’en 208, Attale Ier, roi de Pergame, se retire du conflit et qu’ en 207, fait incontestablement décisif,  Rome relâche considérablement son effort.Les étoliens sont donc privés d’un précieux soutiens au moment même ou la ligue achéenne passablement malmené opère un redressement et bat les spartiates, alliés objectifs de la ligue étolienne.Isolée, cette dernière  n’a guère d’autre choix que d’abandonner le conflit et  traiter avec le souverain Antigonide  en 206 alors que Rome est toujours théoriquement dans la guerre.

Face à ce mauvais tour des évènements, le Sénat envoya une armée de l’autre coté de l’Adriatique mais il n’y eu pas de combat.En effet, les deux camps préfèrent négocier pour aboutir en 205 à la paix de Phoinikè. Celle-ci partage l’ancien protectorat romain que Phillipe V avait en grande partie conquis.

Et une nouvelle fois, Rome abandonne les affaires grecs  sans semble-t’il avoir la moindre intention de revenir.

Carte de Grèce