Folie Pentagonesque

Via Ares:

Chambliss returns to the attack on the F-22 issue, noting that the F-35 is now within $28 million of the F-22 cost, according to the GAO:  $112 million average procurement, versus $140 million, and wants to know why the Senate wasn’t told about this during the debate over the termination of the F-22. « I can’t talk about that, since I wasn’t in office at the time. »

Chamblies revient pour attaquer sur la question du F22 en notant que le F35 est à 28 millions du prix du F22 d’après le GAO (“l’équivalent” de la cours des comptes): 112 millions en coût moyen d’acquisition contre 140 millions et veut savoir pourquoi le Sénat n’a pas été prévenu  en printemps dernier lors du débat sur la fin du programme F-22. “Je ne peut pas parler de ça car je n’étais pas en poste à l’époque”[Ashton Carter, sous-secrétaire d’Etat à l’acquisition].

C’est brillant, non vraiment, donc la décision a été prise l’année dernière de fermer la chaîne du production du F-22. On apprend aujourd’hui que d’après les dernières estimations le F-35,  sensé  avoir un prix plus abordable que le F-22 mais moins performant, n’est qu’à peine moins cher que le F-22. Cela prêterait à rire si nombre de pays européens n’étaient pas si engagé sur le programme F-35: l’Angleterre, la Belgique, les Pays-Bas, le Danemark, la Norvège, l’Italie, etc. Si ces nouvelles se confirment, ce sera un désastre avec lequel les européens devront vivre pour des décennies. Les Français auront le plaisir amer de dire “on vous l’avait bien dit”.

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Débat AGS: Etats-Unis, le centre du monde?

Ce mois de juillet est consacré aux relations euro-américaines. Alors parlons des USA.

Les États-Unis semblent aujourd’hui vacillants. La crise économique, les guerres, le terrorisme ont affaibli son prestige et sa puissance. Pour certains observateurs la crise sonne le glas de la position dominante de Washington dans le système international. Ce n’est sans doute pas le cas et voici pourquoi.

Tout d’abord, intéressons nous au fondamentaux. Un  pays ce sont des hommes, celui-ci compte aujourd’hui 306 millions d’habitants dont 80% vivent dans les zones urbaines. A l’avenir, les États-Unis  devraient connaître un vieillissement significatif  ce qui aura des conséquences importantes pour les finances fédérales (ce problème est cœur des débats sur la sécurité sociale outre-Atlantique). Toutefois, celui-ci devrait être moins accentué qu’en Europe ou en Asie, et grâce à un taux de fécondité un peu près au niveau de remplacement des générations et une immigration importante  le pays devrait atteindre vers 2050 400 millions d’habitants. Les États-Unis seront donc dans les prochaines décennies un pays relativement jeune comparé à ses partenaires et rivaux( Chine, Europe, Japon, etc) et aussi un pays divers où le fond traditionnel WASP (white anglo-saxon protestant) cède progressivement la place à un patchwork de blancs, de noirs, d’hispaniques et d’asiatique. A cette égard, des États comme la Californie ou le Texas sont sans doute représentatif de cette avenir; incidemment ce sont déjà les États les plus peuplés de la fédération ce qui fait dire que le centre de gravité du pays se déplace vers le sud-ouest loin des centres de pouvoir traditionnel de la côte est.

On pourrait s’interroger sur l’avenir d’un tel patchwork ethnique. Sur ce plan, il ne semble pas y avoir d’inquiétude à avoir. Si historiquement les américaines n’ont pas toujours été favorables à l’immigration, l’identité américaine s’est accommodée de nombreuses vagues successives d’immigrés et contrairement au craintes d’auteurs comme Huntington, la vague Latino ne semble pas avoir de difficulté grave à s’intégrer dans un pays aux institutions souples. L’explosion tant attendu par certains ne semblent pas près de se produire. Le système politique américain est d’une exceptionnelle stabilité depuis la fin de la guerre de sécession en 1865.

Sur le plan économique, si la crise touche durement les États-Unis, avec une population relativement jeune et relativement bien éduqué, des infrastructures tout à fait correcte et une abondance relative de ressources naturelles font qu’il est très probable que les américains seront en très bonne place dans la liste des puissances économiques. En fait, compte tenu de ces facteurs, il  n’est pas délirant d’imaginer que le États-Unis garderons leur rôle moteur dans le système économique alors que d’autres pays comme la Chine devront faire face au vieillissement accélérée de leur population.

Les fondamentaux sont donc bon, voir même excellent. Cela ne nous dit pas pour autant quelle sera la place des USA dans le monde au XXIeme siècle. Pour comprendre il faut sans doute revenir en arrière. A partir de 1984, l’armée irakiennes frappes les installations pétrolières iraniennes dans le Golfe Persique.  L’Iran riposte et c’est le début de la guerre des tankers. Ces attaques ont naturellement des conséquences sur le prix du pétrole et menace l’approvisionnement du monde.  Finalement, les soviétiques et surtout les américains finissent par intervenir  à partir de 1987 pour protéger le trafique pétrolier contre les attaques.

Aujourd’hui l’URSS a naturellement disparu mais ce n’est pas cela qui importe. Ce qui importe c’est que pendant ces années là, une grande puissance, les États-Unis d’Amérique, fut le garant de la liberté des mers et donc de l’approvisionnement en pétrole de l’économie mondiale. Cette tendance n’a fait que s’accentuer au cours des années 90, les États-Unis sont devenus le gardien incontournable de l’ordre mondiale grâce à sa puissance sans rivale et sa présence sur toute les mers du globe. Gardiens  des mers, gardiens de la paix(comme par exemple dans le conflit du Kargil), contrepoids dans des régions où son absence laisserait un déséquilibre dangereux (Extrême-Orient). Les États-Unis se sont affirmés aux cours des dernières années du XXeme siècle comme la nation indispensable pour maintenir l’ordre à travers le monde. La regrettable aventure irakienne est la seule exception dans un dossier caractérisé par le conservatisme et un attachement profond au statu quo.

Ce rôle, Washington est-il toujours en mesure de le jouer alors que des nouvelles puissances émergent? Avec quelques aménagements, la réponse est sans doute oui.

Tout d’abord, comme il a déjà été dit, les fondamentaux de la puissance américaine sont solides. Non seulement ils sont bons mais ils paraissent même plus solides que ceux de ses “concurrents” comme la Chine( qui à partir de 2030 sera touché de plein fouet par le vieillissement de la population et fait déjà face à des problèmes environnementaux et sociaux énormes). Il en découle que les États-Unis resteront l’une des économies les plus développés et performantes au monde, capable de mobiliser de ressources considérables pour ses forces armées.

Le deuxième argument est plus géopolitique. Les États-Unis sont une masse géographique et humaine considérable. Mais les américains ont aussi la chance extra-ordinaire d’être bordés par deux océans extrêmement actifs: l’Atlantique et le Pacifique. D’un coté l’Europe, de l’autre l’Asie. A la fois relié et protégé  du monde extérieur pas ces deux océans, les États-Unis sont dans une position unique pour projeter leur considérable puissance à travers le monde. A cette égard, un pays européens ou encore la Chine est dans une position beaucoup plus complexe. La projection de puissance est un exercice bien plus délicat pour une Chine encadré par des puissances au mieux méfiantes qu’elle ne le sera jamais pour la marine américaine.

Cette même position lui permet légitimement de s’affirmer comme une puissance européenne et asiatique.  C’est en fait le troisième argument, les USA sont une grande puissance avec des intérêts globaux qui bénéficie d’une position centrale. Le premier problème des pays européens et asiatiques sont leurs encombrants voisins dans la même région.  La puissance américaine s’insert dans ces systèmes régionaux et exploite cette position à son profit, mais elle n’est pas nécessairement le moteur principal des conflits régionaux. C’est une position très pratique qui fait qu’alors que les autres puissances sont absorbés par des enjeux de sécurités régionaux, les États-Unis conservent une vision globale et la possibilité d’un engagement sélectif.

Alors, oui, les acteurs régionaux auront sans doute plus de poids et il faudra pour que la puissance américaine survive qu’elle s’adapte à la nouvelle donne et coopte les nouveaux arrivants. Mais il est assez probable que les Etats-Unis conservent une position unique dans les affaires du monde à la fois par leur puissance économique et militaire et par les avantages de la géographie. Une position unique qui bien exploitée pourra rester centrale.

Le débat AGS: L’OTAN

AfghanistanPendant un mois, l’Alliance Géostratégique va débattre autour de l’OTAN à l’occasion du sommet de Strasbourg-Kehl. L’éditorial pose déjà un ensemble de thèmes. C’est sans doute la question afghane qui va prendre le devant de la scène, l’administration Obama envoie déjà 17 000 hommes supplémentaires et semble tout à fait déterminé. Les discussions vont donc tourner autour de l’effort européens. Il est sans doute assez inutile de se faire des illusions sur la stratégie, celle-ci sera largement déterminée par la volonté américaine. Il peut difficilement en être autrement vue la disproportion des moyens et des motivations entre les deux rives de l’Atlantique.

Quelle pourrait être cette stratégie. Il n’y a pas de boule de cristal mais si l’on suit les discussions sur la question et les dernières modes, on peut sans doute se faire une idée.

Celle-ci tournera autour d’une accélération de l’effort de formations de l’armée afghane et surtout de la police afghane qui de l’avis général est dans un état désastreux. La question de la formation de la police n’avait semble t’il pas été pris assez aux sérieux. Or en étant en permanence présente au sein des communautés locales, celle-ci peut jouer un rôle clef.

Deuxième point, une réorganisation de l’aide au développement. Celle-ci sera sans doute organisé de manière plus systématique à travers le pays et à un niveau plus locale. Sur le plan national, un effort sera porté sur les infrastructures, notamment voir surtout les routes. Routes qui ont un triple avantage: fournir du travail à la main d’œuvre locale, faciliter les échanges commerciaux et bien évidemment faciliter les mouvements de troupes.

Troisième point, la lutte contre l’opium. Partie très délicate mais il semble y avoir un consensus pour dire qu’aucun progrès n’est possible tant que l’opium aura une telle importance dans l’économie locale. Elle finance en partie des groupes anti-gouvernementaux, fait passer des populations entière dans l’illégalité et la corruption induite sape l’autorité centrale. En bref, l’opium subverti l’État afghan.

Quatrième point, la poursuite des opérations aériennes de l’autre coté de la ligne Durand.

La grande inconnue est-ce qui sera fait de l’actuel président Karzai qui a été assez décevant. Son gouvernement a été marqué par une corruption au plus haut niveau(le frère du président lui-même étant impliqué) et il est de moins en moins coopératif. Par contraste, l’étoile montante est le jeune ministre de l’intérieur Mohammad Hanif Atmar. La prudence est de mise car le spectre de Diêm n’est pas loin…

Le grand problème est ce qui sera demandé des européens. Peut-être qu’à l’instar du Japon, il leur sera surtout demandé de fournir une aide civile et la formation de la police rentrerait très bien dans le champ de compétence européen. Cela aurais l’avantage d’éviter bien des remous transatlantiques sachant que toute façon les troupes européennes obtenues auraient des règles d’engagements limitant considérablement leur efficacité dans la plupart des cas.

Il y aura au cours de ce mois de débat, d’autres occasions d’en parler. Rendez-vous à une prochaine fois sur AGS.

L’Europe et les Etats-Unis

Le débat sur la complémentarité ou l’opposition entre l’Europe et les États-Unis est, très largement, un faux problème : les deux côtés de l’Atlantique procèdent d’une matrice historique commune, partagent les mêmes valeurs essentielles, même si elles tendent de plus en plus à diverger. Il n’y a aucun risque d’un affrontement entre les deux rives, l’idée d’une alliance entre la Chine et l’Europe contre les États-Unis n’est qu’un délire limité à quelques anti-Américains primaires. Simplement, les intérêts, les appréciations ne sont pas toujours les mêmes, comme on a pu le voir lors de l’affaire d’Irak et comme cela pourrait se produire à n’importe quel moment, sur n’importe quel sujet.

Source: Europe-Etats-Unis, L’impossible réequilibrage. Hervé Coutau-Bégarie.

La démographie et la puissance en Europe

Eurostat a  publié il ya quelques mois un rapport sur les perspectives démographiques en Europe d’ici 2060. Demography matters fait un résumé du rapport et des réactions aux rapports.

Ici, le résumé sera encore plus bref: dévastation à l’est, stabilité au sud, expension à l’ouest. Alors, la perfide albion, pays le plus peuplé d’Europe?

Le Prince et l’Empire

l'empireLa plume et le sabre publie un nouvel article qui, conforme aux habitudes, ne manque pas d’être provoquant et d’inciter à la réflexion.

Il est soutenu que l’arrivée à la maison blanche de Barack Obama, loin d’être un évènement positif, sonne le glas de l’idée d’une Europe (des nations?) forte et indépendante. A cet égard, la présidence Bush aurait représenté une occasion unique de distendre le lien transatlantique.  Bush parti et remplacé par une administration sympathique, maîtrisant le jeu « multilatéral » avec un aspect lissé, très « européen », la fenêtre de tire se refermera inexorablement.

Est-ce vraiment le cas? Il ne fait aucun doute qu’ Obama aura des exigences importantes au sujet de l’Afghanistan.Sur ce sujet, il risque fort de s’opposer à une Allemagne récalcitrante accompagnée sans doute d »autres alliés. Un orage violent n’est donc pas exclure, d’autant plus que cette fois-ci les deux rives de l’Atlantique se ressemblent. Déceptions, malentendus et ressentiments de part et d’autre pourraient faire un cocktail détonnant.

Mais peu importe, l’hypothèse est plausible et il est donc inutile de sortir les boules de cristal, qui vivra verra. Ce qui est interessant, c’est la suite car c’est là que ce situe le problème fondamental.

US empirePour l’auteur, l’Europe a fait le choix de la vassalité après la guerre froide. L’UE,  loin d’être le vecteur d’un renouveau, est en fait un « cheval de Troie » au service de la puissance américaine. L’UE et l’OTAN font partie d’un même paquet et la politique actuelle de la France en est la preuve.  C’est un résultat visiblement regrettable de son point de vue( pourquoi? ).

La solution passerait donc par la réhabilitation de la puissance au niveau national, car lui seul permet l’adhésion des peuples,  couplée à une action intergouvernementale vigoureuse pour restaurer l’autonomie de l’Europe et défendre ses intérêts très différents des USA. Hasard curieux, c’est au même moment que il est question  du nouveau style intergouvernemental de la diplomatie française.

Tout cela mérite effectivement réflexion. Il y a plusieurs points intéressants . Le premier, la source de tout les maux sans doute, est l’affirmation que les intérêts divergent profondément entre les deux rives de l’Atlantique. C’est le point majeur, celui qui sous-tend l’ensemble car le débat serait difficile à comprendre  autrement. En quoi nos intérêts sont-ils divergents?

Vis à vis de la Russie, difficile à voir. Il y a débat sur l’attitude à avoir, pas véritablement sur le fond des choses. Nul n’a intérêt à voir une Russie puissante réaffirmant avec force ses droits sur son « étranger proche ». Des cyniques diront peut être que peu importe l’opinion des polonais pourvu que la France y trouve son compte, il s’agit probablement d’une vision à courte vue.

Vis à vis de du monde arabo-musulman, là encore difficile à voir. Il y a hélas des divergences d’appréciations mais fondamentalement le problème est commun. L’Europe et les États-Unis, comme le  reste du monde, ont intérêts à voir le terrorisme maîtrisé et l’approvisionnement en pétrole sécurisé.

En extrême-orient? C’est un problème essentiellement américain. Voilà bien longtemps que les européens ont perdu toute influence significative sur la région. Sauf cas extrême, l’Europe n’a rien à y faire.

Alors en quoi sont-ils divergents? Et si ces intérêts ne sont pas fondamentalement divergeant, pourquoi s’inquiéter de la prééminence de l’OTAN? Ce point mériterais donc plus de réflexion. Mais admettons, cela n’a pas beaucoup d’importance. Contentons nous de postuler qu’une Europe est nécessaire.

Visiblement, c’est l’option intergouvernemental qui est favorisé. Il est compréhensible d’écarter l’option communautaire ( autrement dit fédéral). En effet, il est sans doute impossible de mettre d’accord la totalité des États membres sur un sujet d’importance en politique extérieur. Et si c’est possible, les temps de réaction sont beaucoup trop long, sans parler des compromis bancales qui semblent parfois pire que le mal. Mais sacrifier le niveau communautaire semble lourd de conséquences. En effet, les nations sont naturellement porté à l’égoïsme à court-terme. L’actualité économique ne fait que le confirmer mais c’est encore une autre affaire. La structure communautaire présente l’avantage d’emprisonner la volonté des États, de sorte que les comportements les plus opportunistes sont théoriquement freinés. Nul frein de cette sorte dans un système intergouvernemental. Il est possible de rétorquer que la politique extérieur est rétif à toute « communautarisation ». Il est très raisonnable d’être enclin à penser cela. Mais dans ce cas là, un appel à une coopération intergouvernementale a encore moins de chance de succès. Cela vaut quelque soit la taille du groupe, les coalitions changeant de toute façons selon les sujets.

Il conviens alors de se débarrasser d’un mot qui a tendance à embrouiller la question: « l’Europe ».  Puisque  l’espoir fédéral est abandonné et que l’Europe des nations(c’est à dire la coopération intergouvernementale) est un oxymore, il faut parler de la France. C’est de l’indépendance de la France, de son avenir et de ses intérêts et uniquement d’elle.  Il ne faut pas se cacher derrière  l’Europe et parler des intérêts nationaux. Il s’agit de remettre la question sur la table:  quel est le meilleur moyen de garantir les intérêts de la France? L’UE est elle une fin ou un moyen?

Voilà les réflexions qu’inspire le dernier article sur le blog La Plume et le Sabre. Le propos manque de cohérence et n’est guère approfondie mais cela devra suffir pour l’instant.

Sur l’axe Paris-Berlin-Moscou

Ceci est un commentaire à l‘article de  Henri de Grossouvre  et Pierre Pascallon publié sur le blog EGEA.

L'Europe de l'Atlantique à l'Ural

Quelques objections:
On fait grand cas de la Russie comme puissance mondiale depuis le retour de Poutine.Est-ce vraiment le cas?Le pétrole(au prix très fluctuant) et les exportations d’armements suffisent-ils?

Le point N°1 est sans grand intérêt sans doute.Les évènements géorgiens et la simple réalité géopolitique montrent qu’un arrangement est souhaitable.Il est nul part expliqué sur quelle base cet accord peut être trouvé.Or c’est précisément là que le bas blesse.En effet, nul ne conteste la nécessité d’une coopération avec la Russie, c’est précisément l’objet du partenariat UE-Russie.Ce qui nous intéresse c’est de savoir si la Russie désire ce partenariat( sans doute, mais qui ne rêve pas d’un déjeuner gratuit) et  surtout à quelles conditions.Le coût sera t’il acceptable?Que devrons nous sacrifier?

Carte de l'EuropeSur l’architecture globale de sécurité.Un bref regard sur le mots est interessant.On y vois « de Gaulle », « Berlin », « la Russie ».Pas un instant est-il question de ceux pour qui l’enjeu est le plus fondamental car il conditionne leur survie: les pays d’Europe centrale et orientale.Un oubli sans doute, mais qui est très regrettable.Comment bâtir une maison commune dans de telles conditions?On parle beaucoup des intérêts et des craintes de la Russie, fort peu des intérêts de la Pologne et de la République tchèque qui par leurs comportements respectifs peuvent tout aussi sûrement que leurs puissants voisins saborder tout les efforts de coopération.

L’idée d’une Europe dégagée des influences extérieures est assez curieuses.J’ai du mal à comprendre ce que cela signifie.Je suppose que les auteurs veulent dire « dégagée de l’influence américaine ».Mais est-ce vraiment positif?Je comprend tout à fait la nécessité pour les États  de maintenir une balance entre les différents joueurs.Mais quel est l’intérêt dans l’affaire?Pourquoi vouloir exclure un des joueurs?Croient-on que l’intégration européenne sera plus facile dans les USA?Mais ce n’est manifestement pas l’objet de la proposition qui se place nettement dans l’optique de la géopolitique traditionnelle.Ce qui nous amène au dernier point.

Les auteurs  le disent eux mêmes, la Russie est une puissance avec ses intérêts.Au fond, quel est le rapport entre un accord euro-russe(en fait franco-germano-russe) et la « grande Europe…qui demain, après demain, pourrait bouleverser la donne sur la scène internationale ».C’est contradictoire, d’un coté il y a un vibrant appel dans la plus pure tradition réaliste et de l’autre, nous avons la « grande Europe » qui bouleverse l’échiquier mondial, ce qui suppose une intégration et une coopération étroite.Contradictoire car soit nous sommes dans un modèle réaliste traditionnel et par conséquent c’est le jeu des intérêt et de la puissance qui prévaut sans limitation de souveraineté, ou alors nous sommes dans un modèle fédéral donc régie par le droit supposé invariant selon que les acteurs soient riches ou pauvres, puissants ou misérables.

Quelque soit le cas, on ne voit pas le rapport avec la coopération franco-russe.  En effet, dans le premier cas, l’accord paraît sans grand intérêt.Pourquoi vouloir exclure les influences extérieures?Dans le second, c’est rigoureusement impossible puisque les auteurs ont rappeler que la Russie est une puissance autonome.

Voilà, au fond l’objection centrale.On voit bien l’avantage à une pacification des relations  mais un axe?Quel interêt?Ce n’est jamais vraiment définie.