Prompt Global Strike

DSI avait consacré un article au programme Prompt Global Strike, l’idée derrière ce programme était de concevoir un missile de croisière hypersonique, étant donc moins susceptible d’être confondu  avec des engins nucléaires, capable de frapper n’importe quel point de la planète à partir du territoire américain (CONUS) dans un délais très bref  (temps de vol comparable à un ICBM c’est à dire quelques dizaines de minutes). C’est donc un projet passablement ambitieux.

Il semble que désormais, le programme bénéficie du soutien politique de l’administration Obama : US faces choices on new weapons for fast strikes

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Toujours sur le prix des armes

Un commentaire intéressant de Un spécialiste:

Je crois que vous surestimez comme beaucoup la hausse des prix des matériels depuis un siècle
En vérité la R&D coute et doit être décomptée du prix marginal car c’est un investissement de souveraineté. Investir 7 milliards de $ sur les 2 premiers DD51 dont 5 en R&D et industrialisation n’est rien quant on parle de l’épine dorsale de la flotte de surface US hors porte-avions pour les 30 ans a venir et qu’on a près de 400 milliards de $ de budget annuel.
Si on parle du cout marginal des matériels (le cout d’une unité supplémentaire) on s’aperçoit qu’il n’a pas tant varié que cela même si il a augmenté en général avec les performances , la complexité et la durée de vie (un avion d’aujourd’hui dure 10 fois plus).
Il ne faut pas oublier qu’il y a l’inflation naturelle de 2% annuel en moyenne (et qui a parfois été bien plus haute) c’est-à-dire +50% en 20 ans. Ensuite un deuxième facteur d’inflation qui est le cout du travail qui a explosé avec les retraites et la sécu.Puis la TVA qui n’a pas toujours existée et dont l’argent revient a l’Etat.
Si on fait abstraction de ces facteurs on peut alors travailler sur les prix réels.
Et la on s’aperçoit que les budgets de défense ne sont qu’une fraction de ceux qu’ils étaient même en temps de paix il y a 50 ou 100 ans. La France ne dépense plus 8, 6 ou 4% du PIB à sa défense comme par le passé mais 2% et à l’intérieur de ces 2%, le budget des fabrications à plus diminué encore que le budget défense (la part des personnels est bien plus élevée).Que les matériels ont une durée de vie par construction bien plus grande. Les séries sont devenues très faibles et on sait que la division par 10 des cadences de production peut facilement doubler le prix d’un matériel.En réalité quand vous tenez compte de tous ces facteurs vous vous apercevez qu’un B17 qui coutait 400 000 $en 1942 produits à des milliers d’exemplaires par an en couterait plusieurs dizaine de millions aujourd’hui.Que pour le prix d’un Leclerc vous n’auriez pas des centaines de char Renault B1 …mais même pas une demi douzaine aux prix de construction actuels !
Quand vous faite l’analyse capacitaire sur un avion de combat d’aujourd’hui en tenant compte de sa charge utile, de sa productivité (grâce a sa vitesse), de sa durée de vie, des séries et autres facteurs etc. vous vous apercevez que le cout des matériels…a baissé contrairement à l’idée reçue. 300 Rafales par exemple sont équivalents (sans même parler de l’électronique d’aujourd’hui) a plus de 2000 B17 en tonnage transportés et valent moins cher que cette flotte de B17 malgré un budget défense très faible et de très faibles cadences de production tout en ayant une durée de vie 8 fois supérieure par construction.La France n’avait pas une telle flotte de bombardiers en 1939 malgré presque 10% du PIB investis dans le réarmement.Et ce ne faisant abstraction de l’électronique et des performances supersoniques et de combat aérien.

Tout à fait intéressant. Hélas, cela ne change pas le fond du problème: la réduction constante du nombre de plateformes.





Du materiel plaqué or…

En lisant l’excellent Information Dissemination, on apprend que le prochain croiseur de l’US Navy dont le seul nom est CG(x) pour l’instant devrait coûter dans les environs de 6 milliards de dollars. Sachant bien évidemment qu’il ne s’agit que d’une estimation et que le programme n’a même pas encore véritablement commencé. Même s’il est admis qu’une bonne partie des frais de recherche et de développement plus les difficultés de mise au point seront amortis par le programme DDG-51( le destroyer de nouvelle génération), il est pratiquement acquis que le programme verra son prix dériver. La seule incertitude est l’ampleur de cette dérive.

Ce n’est pas un cas isolé, pour deux exemplaires le programme DDG-51 devrait atteindre la sympathique somme de 7 milliards de dollars.

Et il ne faudrait pas croire que cela ne touche que l’autre coté du lac. Après tout, les frégates de défense aerienne Horizon dépassent pour chaque unité la sympathique somme d’un milliard d’euros.

Il ne faut pas se faire d’illusions, les armées ont toujours coûté à l’État une fortune colossale. On peut même dire que la naissance de l’état-nation moderne est l’histoire d’une recherche constante  des fonds nécessaires à l’entretien des armées.

Il y a donc une certaine démagogie à vouloir dénoncer le coût pharamineux des engins de guerre moderne. Certes on pourrait sans doute acheter plusieurs centaines de chars Renault B1 avec son successeur du XXIeme siècle, l’ AMX-56 Leclerc. Mais les capacités offertes par ce dernier  valent sans doutes la centaine des premiers.

Mais tout de même. Le prix colossal des armements occidentaux laisse songeur . La quantité est une qualité en soit, surtout lorsque la science ne nous permet pas encore de nous affranchir de la géographie.  D’autre n’ont pas fait notre choix, un avion de combat Su-30  d’origine russe a un prix significativement inférieur à celui de ses homologues occidentaux pour des performances qui restent honorables(ne retrouvans plus les chiffres, cela doit être aux environs de 40 millions d’euros, à comparer aux 60 millions d’un Rafale).

S’il est acquis que les armées sont et resteront un luxe hors de prix, on peut tout de même se demander s’il est bien sage de tout miser sur du materiel  très couteux, difficilement remplaçables et surtout ne possèdant pas le don d’ubiquité. Les approches russes et chinoises tant critiquées pour leurs retards technologiques ne sont elles pas plus raisonnable? Posseder 4 navires au lieu de 2 ou encore 10 avions au lieu de 5 donne certainement plus de souplesse.

Il ne faudrait pas croire qu’il s’agit là d’un débat théorique sans grande importance en l’absence de grands conflits classiques. Il suffit de penser à la situation afghane où les forces de l’OTAN font face à un manque chronique d’hélicoptères. La situation n’est pas près de s’arranger pour la France qui s’apprète à faire l’acquisition d’helicoptères de transport NH-90 très sophistiqués et surtout très chers sans être capable de remplacer la totalité de la flotte. Il semble assez claire que la recherche constante de la meilleur machine va se traduire pas une réduction nette des capacités de transport. Pendant ce temps là, on fait appel à des hélicoptères russes…