Pourquoi s’intéresser au Moyen-Orient?

Pourquoi s’intéresser au Moyen-Orient? Pourquoi s’y intéresser en tant qu’observateur de la politique mondiale, en tant que militaire ou dirigeant politique? Pourquoi le gouvernement français et le reste du monde considère cette région comme stratégique?

Middle_east_graphic_2003Définition: le Moyen-Orient est une expression géographique récente ( au XIXème siècle, on parle souvent de proche-orient pour parler des territoires de l’empire ottoman) qui désigne une région du monde à cheval entre l’Afrique et l’Asie. Au minimum, on peut y inclure l’ensemble des pays entre l’Egypte à l’ouest et l’Iran à l’est. La limite nord est définie par les monts du Caucase. Au début des années 2000, l’administration Bush a lancé le concept de « Grand Moyen-Orient » dans le cadre d’un vaste projet politique de démocratisation du monde musulman. Cette expression recouvrant un ensemble de pays répartis sur un axe est-ouest  allant du Pakistan jusqu’au Maroc n’a pas survécu à l’échec de la politique américaine en Irak après l’invasion de 2003.

Plusieurs facteurs expliquent l’importance du Moyen-Orient dans la politique internationale:

  1. Sa position de carrefour entre l’Asie, l’Afrique et l’Europe: On ne reviendra pas sur le rôle majeur qu’a eu le monde arabo-musulman dans le commerce mondiale et les échanges d’idées de la naissance de l’empire Omeyyades jusqu’à l’époque moderne. C’est à partir du début du XIXème siècle que les grandes puissances européennes, et plus particulièrement la France et l’Angleterre, commence à voir dans cette région une zone de rivalité potentielle. La campagne d’Egypte menée par Bonaparte en 1798 a pour objectif officiel de gêner les communications de l’Angleterre avec ses possessions en Inde. L’ouverture de canal de Suez en 1869 achève de donner à l’Egypte un rôle critique dans la géostratégie de l’empire coloniale britannique et Londres en prend le contrôle en 1875. Pendant la seconde guerre mondiale, le canal de Suez fut l’un des enjeux implicites des opérations menées par l’Axe et les Alliés en Afrique du nord. Ce rôle de carrefour a perdu en importance pendant la guerre froide mais réapparaît aujourd’hui à la faveur de la « crise des réfugiés ». En effet, se trouvent sur les routes de l’immigration clandestine entre la Turquie et la Grèce non seulement des réfugiés syriens et irakiens mais aussi afghans ou africains.
  2. Son rôle dans le marché mondial du pétrole: En 1914, le gouvernement britannique prend la décision historique d’acquérir 51% du capital de l’Anglo-Persian Oil Compagny en préparation de la conversation des bâtiments de la Royal Navy du charbon au pétroledepuis lors cette ressource n’a fait que croître en importance pour devenir le carburant de l’économie mondiale. Certains pays du Moyen-Orient, plus particulièrement autour du golf persique, ont profité à plein de cette transformation. Aujourd’hui la région concentre un tiers des réserves mondiales de pétrole et l’Arabie Saoudite à elle seule représente 18%. Sur les treize membres de l’OPEP, six sont des pays du Moyen-Orient. Enfin, 17% de la production mondiale de pétrole transite par le détroit d’Ormuz. Les économies asiatiques sont particulièrement dépendante de la production de la région. Ainsi 80% des importations de pétrole japonaises et de l’ordre de la moité des importations chinoises proviennent du Moyen-Orient (la plupart des articles sur le sujet ne citant pas de définition de la région, il faut prendre ces chiffres surtout comme ordre de grandeur). Si la situation est moins dramatiques pour l’Europe en raison des liens avec la Russie et du bassin pétrolier de la mer du Nord, une part substantielle des importations européennes provient néanmoins de ces pays. L’Arabie Saoudite est un acteur majeur dont les capacités de production sont telles qu’il possède un pouvoir d’arbitre sur le marché. En conséquent, la politique pétrolière de ces pays joue un rôle fondamental dans la constitution du prix du baril de pétrole sur le marché mondiale et les soubresauts politiques de la région entraînent régulièrement une envolé des prix. Le Moyen-Orient est une zone clef pour tous ceux qui sont préoccupés par la stabilité de l’économie globale.
  3. Sa place au cœur du monde arabo-musulman: L’Islam est né dans la péninsule arabique, tous ses principaux lieux saints à commencer évidemment par la Mecque, Médine et Jérusalem sont dans la région. Grâce aux conquêtes arabes, le Moyen-Orient se trouve au cœur d’un immense espace culturel s’étendant au sud de l’Europe, de l’atlantique jusqu’au golf persique. Cet espace arabe s’insère dans un monde musulman qui sur un axe est-ouest part du Maroc pour atteindre l’Indonésie. Enfin, grâce aux vagues migratoires du XXème siècles, les pays européens comptent désormais plusieurs millions de citoyens de culture arabo-musulmane. Le Moyen-Orient occupe une place central dans cet univers culturel et politique. C’est là que sont nés de nombreux mouvements qui ont influencé l’ensemble du monde musulman. On peut citer les frères musulmans nés en Egypte dans les années 20, ou encore le wahhabisme né au XVIIIème et promu à travers le monde grâce à l’argent saoudien. Inévitablement, ces mouvements culturels et religieux trouvent leur prolongement loin de leur terre d’origine, de l’Europe jusqu’à l’Indonésie.
Iran-Iraq War
27th September 1980, Abadan, Jazire-ye Abadan, Iran –Image by © Henri Bureau/Sygma/Corbis

En raison de ces trois facteurs, peu de pays peuvent se désintéresser du Moyen-Orient et certainement pas ses voisins immédiats. Il suffit pour s’en convaincre de réfléchir aux conséquences d’un conflit armé dans les eaux du golf persique ou encore de l’avènement violent d’une république islamique radicale en Egypte. Il faut donc choisir entre deux rôles pénibles: celui de spectateur impuissant qui tôt ou tard subira les effets des convulsions qu’il observe ou celui d’acteur engagé tentant par la ruse et par la force de faire prévaloir ses intérêts et sa vision du monde dans une région violente et instable.

 

Publicités

L’Avenir d’Israël

Parce qu’il faut bien s’occuper un peu, parlons d’un marronnier.

Israël en raison de sa situation géographique et politique est voué par nécessité à une existence relativement courte. Relativement, car évidemment toute construction humaines est vouées à disparaître. Ainsi la France, nous pouvons en être sûr disparaîtra, ses pierres seront des objets de musées, des antiquités vénérables mais rien de vivant. Que ce sort soit inévitable n’enlève pas d’intérêt à la question du quand ? Les entités politiques disparaissent plus  ou moins vites et peuvent même se réincarner à travers les siècles. L’espérance de vie de la France n’est pas nécessairement la même que celle du Koweït.

Il existe d’excellentes raisons de penser que celle de l’Etat d’Israël sera particulièrement courte comparée à d’autres expériences. L’Israël qui nous intéresse a été fondé en 1948 par des juifs d’origine européenne.  Nous ne nous intéressons pas ici à l’idée d’Israël dont la longévité dépasse très largement l’Etat lui-même, ni aux entités politiques qui se sont par le passé appelées de même, ou se sont revendiquées dans la même lignée biblique. Il n’est pas question de parler de la religion ou du peuple juif, des idées qui existaient bien avant 1948 et survivront sans doute très longtemps après la mort de leur champion étatique.

Qu’est-ce qu’Israël ? Répondre à cette question c’est réponse à la question du quand ? C’est d’abord un territoire. Entre le Sinaï au sud, et les monts du Taurus au nord, s’étend une fine bande de terres fertiles le long de la méditerranées coincé entre mer et désert.  C’est une région peuplée et civilisée (comprendre urbanisée) depuis la plus haute antiquité,  aujourd’hui recouverte par le vocable « Proche-Orient » mais quand des temps plus anciens, on a appelait tout simplement la « Syrie ». Au sud, elle s’ouvre sur le Sinaï et par là l’Egypte, au nord elle est ouverte sur la Mésopotamie et l’Anatolie. Ni le désert ni les montages n’ont été des obstacles pour les envahisseurs du nord et du sud. Le destin des entités politiques syriennes a été toujours au cours des siècles d’être dominé par des empires extérieurs.  L’histoire de cette région est donc celle des dominations successives des divers empires égyptiens, anatoliens et mésopotamiens.

C’est le grand problème des incarnations successives d’Israël à travers l’histoire, cette bande de terre fertile est non seulement riche mais cette aussi la zone naturelle d’expansion de l’Egypte et des empires du nord. Il n’est pas de plus belle illustration que la bataille de Kadesh, dans l’actuel Liban, qui opposa le pharaon Ramsès II aux Hittites d’Anatolie.  Pendant des siècles, l’Egypte à travers ses divers maîtres à tenter d’imposer sa domination  en Syrie face aux empires du nord. Jusqu’à la conquête perse au VIeme sicèle avant JC, l’histoire de la Syrie est liée aux avancés et recules de la puissance des pharaons. Au nord, Hittites, Assyriens, Néo-babyloniens et Perses sont les diverses incarnations des empires du nord ; franchissant le Taurus ou passant par les routes caravanières de Syrie ; ils dévalent la plaine  le long de la mer vers l’Egypte.

Coincé entre ces grands empires continentaux, cette région n’a que rarement eu une existence indépendante. C’est le pays des cités soumis au tribut prélevé par le conquérant du jour, l’histoire contée par la Bible n’est pas très différente de celles des cités phéniciennes sur ce plan là. Si les prédécesseurs géopolitiques d’Israël ont pu exister ce n’est jamais autrement qu’en profitant de la faiblesse provisoire des grands empires.

C’est grâce à à la faiblesse de  l’Egypte et de tous les autres grands empires  de la région après la grande crise de la fin du deuxième millénaire, qu’un Israël  peut imprimer sa marque dans l’histoire dans les premiers siècles  du premier millénaire avant JC. C’est grâce à la faiblesse de l’Egypte ptolémaïque et des séleucides que le royaume de la dynastie Hasmonéennes prospère. Enfin, 1500 ans plus tard, les Etats latins d’Orient, qui ont une fonction géopolitique identique à l’Israël antique,  vont prospérer pendant un siècle sur la faiblesse et la division des grands empires musulmans. Saladin, à partir de l’Egypte, mettra fin à cette aventure en constituant un empire capable de dominer la région.

Les circonstances des créations d’Israël sont en 1948 sont remarquablement similaire aux croisades, là encore il est question d’immigration et de colonisation européennes dans un contexte de faiblesse régionale.  Sortant à peine de la décolonisation et divisés, les arables sont incapables d’empêcher la création du nouvel Etat.

Depuis 60 ans Israël survit non pas parce qu’il est plus fort mais parce que ses voisins sont anormalement faible comparé à leurs ressources matérielles et démographiques dont ils disposent. La question est combien de temps cette situation durera ? A l’échelle humaine peut être encore longtemps, mais à l’horizon 2100, il paraît profondément douteux que l’évolution du contexte global, le déclin relatif de l’occident et la monté du reste, permette de à cette anomalie de subsister longtemps.

Aujourd’hui comme hier, ce n’est pas le désert libyen qui constitue l’ère d’extension naturelle de l’Egypte mais la plaine du pays de Canaan.

 

Remarques sur l’incident coréen

Fait un commentaire chez L’hérétique au sujet du récent incident en Corée

Personne hors quelqu’un au nord de la zone démilitarisée n’avait intérêt à une crise.

1) Seoul est bien embêté parce qu’il faut trouver une réponse ferme mais en même temps éviter l’escalade.

2)Les US ne veulent pas de conflits et la dernière chose qui les intéresse s’est s’engueuler avec les chinois au sujet de la CdN.

3) Les chinois sont mis dans une position embarrassante pas les nord-coréens.Tout le monde peut constater que Pékin ne contrôle pas son voisin et ça fait désordre quand on cherche à être un membre respectable de la communauté internationale.

 

Sur l’intérêt de la Corée du Nord:

1) Premier niveau: fondamentalement, Pyongyang a intérêt à avoir l’air d’être dirigé par une bande de dangereux psychopathes.Ils ont besoin de l’aide économique extérieure et cette aide ne viendra que s’ils ont quelque chose d’intéressant à vendre. Le produit phare c’est la menace du chaos. Le régime de la CdN sans arme nucléaire, sans sa rhétorique paranoïaque et sans provocations militaires est mort, personne à part les chinois ne les aidera et encore…

2) Deuxième niveau: le problème de la succession. On se sait pas grand chose mais certains observateurs pensent que l’incident pourrait être liée à la succession de Kim Jong-il. Il (ou ils) a choisi un de ses fils pour succéder mais ce n’est pas nécessairement le candidat avec le plus de légitimité.Du coup, il faut assoir sa crédibilité grâce à une provocation.On sait très peu de choses mais il est certain que les intrigues de palais doivent avoir un impacte sur la politique extérieure.

Du pétrole dans les Malouines

Après trente ans de tranquillité, les îles Malouines vont sans doute à nouveau faire parler d’elle. La zone économique exclusive entourant l’archipel fait l’objet de spéculations depuis des décennies sur l’éventuel présence de pétrole. Depuis plusieurs mois une campagne de forage était en cours mais n’avais eu que peu de succès. Il semble que la présence de pétrole soit désormais confirmée. On est encore très loin d’une entreprise commercial viable mais la première condition, la présence de pétrole, est au moins remplie. A près de 3000 mètres de profondeur dans l’Atlantique Sud, l’éventuelle exploitation commerciale (qui reste pour l’instant hypothétique) sera loin d’être simple d’autant plus que le gouvernement argentin, qui revendique toujours les Malouines, semble bien décidé à rendre un tel projet aussi difficile que possible.

Thème AGS: Réalité et illusion du panturquisme, la Turquie et l’Asie centrale

Comprendre les relations qu’entretient aujourd’hui la Turquie avec les pays d’Asie centrale nécessite en premier lieu de connaître les données linguistiques  et historiques. Si la Turquie peut avoir une influence dans la région, c’est non seulement en raison de sa relative proximité géographique mais aussi et surtout en raison du patrimoine commun que constituent la langue et l’histoire  turque. La turcophonie est en effet un espace immense  allant de l’Europe  à la Chine, remontant au nord jusqu’au cercle arctique, peuplé d’environ 125 millions de locuteurs. Les langues turques parlées en Asie centrale et en Turquie ont d’importante ressemblances syntaxiques et phonétiques.  En plus de la langue, les peuples de cet espace ont un passé commun plus ou moins mythifié de nomade des steppes qui, au fil des siècles, se sont progressivement séparés.

Malgré cette proximité culturelle, les relations entre la Turquie et l’Asie centrale sont finalement restées assez limitées jusqu’en 1991 et la dissolution de l’URSS. En effet, à l’époque ottomane, l’essentiel de l’effort turc est dirigé vers l’ouest dans l’espace méditerranéen.  A l’est, les empires perses et russes constituent un barrage infranchissable pour  l’influence de la Sublime Porte. Lire la suite de « Thème AGS: Réalité et illusion du panturquisme, la Turquie et l’Asie centrale »

Le bisounoursisme, la Chine et le Japon

Il y a quelque temps j’ai publié ici un article en anglais sur  l’avenir des relations sino-japonaises. Il n’était pas très bon, pourquoi? Entre autre parce qu’il se rend coupable du crime suprême de “bisounoursisme”.

Pour être plus précis, il avait deux défauts. Le premier c’était de considérer la question des mémoires historiques comme une question indépendante. C’est à dire que la mémoire par elle-même serait un obstacle à des relations plus pacifiques et que cette obstacle peut être lever par un travail de réconciliation historique sur le modèle franco-allemand par exemple. C’est un cas typique de bisounoursisme. Comme si l’ émergence de la question historique dans les années 80 était indépendante de l’abandon du communisme par le PCC( en pratique, pas dans les discours) et de l’affirmation de la puissance économique japonaise à la même période. On connait bien aujourd’hui le rôle légitimant du nationalisme pour le gouvernement communiste. L’histoire est aussi un instrument très intéressant pour affaiblir les prétentions du Japon à jouer un rôle régional important en l’isolant de ses voisins comme la Corée du Sud. Il ne s’agit pas ici de dire que le gouvernement japonais est peuplé de saints mais de rappeler que l’histoire n’est pas un facteur froid et objectif mais un instrument mobilisé à des fins politiques. De sorte que la question de l’histoire n’est en réalité pas nécessairement une cause de friction à part entière  mais un symptôme. Il serait naïf de croire que sous prétexte qu’un nouveau partie est au pouvoir à Tokyo et que celui-ci s’abstiendra de faire des gestes politiques trop flamboyant comme des visites au sanctuaire de Yasukuni, cette question disparaitra. Elle peut s’effacer pour un temps, puis revenir lorsque l’une des parties en aura besoin.

Le deuxième défaut était le réductionnisme économique. Il est incontestable que les liens économiques entre les deux pays sont très forts et que c’est un facteur très important. Ces liens économiques créent des groupes d’intérêts favorables à la poursuite d’un rapprochement aussi bien en Chine qu’au Japon. Mais ce n’est pas un facteur exclusif. Ils en existent d’autres qu’on ne peut pas négliger. Le problème fondamental de la sécurité ne sera pas résolu par des accords de libre échange. Aucun des deux joueurs ne peut connaître l’intention de l’autre et ne se font véritablement confiance , il est par conséquent inévitable qu’un dilemme de sécurité émerge. L’expansion de la marine chinoise pour faire face aux nouveaux impératifs de sécurité chinois inquiète au Japon, ce dernier inquiète à son tour le gouvernement chinois par sa modernisation militaire. La crise coréenne peut se voir sous ce prisme aussi: protection indispensable de sa frontière nord pour la Chine; menace pour le Japon.

L’incertitude quand à l’avenir de cette relation tient fondamentalement à la nature du régime politique chinois. Si la politique japonaise navigue depuis des décennies sous le regard des médias entre les bornes étroites posées par une opinion publique apathique mais pacifique et une alliance américaine; la politique chinoise, elle, est beaucoup moins prévisible. Elle est le fruit d’intérêts, d’objectifs, d’espoir, de rivalités et de rapports de force internes que  l’observateur extérieur ne connaît et ne comprend qu’imparfaitement. Sans compter que l’avenir du régime lui-même est en question. Est-il possible qu’un régime à la fois communiste( par son système de gouvernement et son idéologie)  et capitaliste puisse exister? Le poids de ces incertitudes rend impossible d’affirmer quelle logique, économique ou sécuritaire, triomphera. L’arrivée du DPJ au pouvoir à Tokyo ouvre un nouveau chapitre sur le plan symbolique dans une saga déjà très longue et il n’est pas encore question d’écrire “ ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants”.