Vagues considérations sur la tribu afghane.

Il est fréquent d’entendre dire, encore récemment, que l’Afghanistan est une “société tribale”. Toutefois, dire que la société afghane est organisé par les tribus posent problème sur deux niveaux. Le premier c’est que cette information, le caractère tribal de l’Afghanistan, ne nous dit rien si nous ne pouvons pas déterminer plus avant les caractéristiques qui découlent de cet état. Enfin, deuxièmement, dire que l’Afghanistan est une société tribale peut conduire à négliger les formes d’organisations qui précisément ne relève pas du vocable “tribale/tribu”, surtout si ces termes sont en réalité mal compris et mal définis.

Quelques remarques, donc, sur l’organisation de la société afghane. Ce blog ne se consacre pas à l’anthropologie qui est malheureusement très éloigné des préoccupations habituelles en ces lieux. Mais des anthropologues s’intéressent depuis longtemps à l’Afghanistan. C’est dommage car ils ont des choses à dire sur l’Afghanistan.

Voici quelques chemins d’exploration:

Tout d’abord, il faut s’entendre sur ce qu’est une tribu. L’image que ce terme inspire, c’est celle d’un groupe humain soudé et hiérarchisé. Il y a un chef ou un groupe d’anciens qui ont autorité sur le groupe. La tribu dans un tel schéma est une unité politique manipulable. C’est l’exemple irakiens où la politique tribale américaine consiste à parler avec les sheikh qui sont sensés avoir une autorité sur un groupe de personne.La réussite dépend alors de la capacité des militaires à manipuler un chef ou un groupe de chefs qui ont effectivement une autorité.

Il en va tout autrement en Afghanistan. Tout d’abord, il faut savoir à quelle échelle géographique on s’intéresse, en effet les tribus sont divisés en sous-groupes puis éventuellement en sous-sous-groupes. Il n ‘existe pas de rapport hiérarchique entre ces groupes. Ainsi il est possible que le sous-groupe Y et le sous-groupe Z, respectivement des groupes A et B, soit en alliance contre un sous-groupe W rattaché au groupe A. Bref, savoir que tel individu  ou telle communauté appartiens au groupe tribal A ne vous renseigne pas nécessairement sur sa position sur l’échiquier politique.

Il faut aller plus loin, il n’existe pas de schéma pré-déterminé pour l’organisation d’une communauté, souvent un village. Il y a les anciens qui contrairement à ce que le nom suggère ne sont pas nécessairement les plus  vieux, ce sont surtout les personnages les plus riches et puissants de la communauté. Mais l’autorité et la légitimité de ces individus ne sont pas absolus. Il faut compter évidemment avec le mollah qui tient lui aussi son rôle qui pourra être positif ou négatif selon les circonstances locales et son orientation idéologiques. Enfin, il se peut que des membres de la communauté n’aient tout simplement pas envie de respecter les desideratas de ces “autorités”, d’autant plus facilement si le pouvoir est ailleurs.

Mais où?

Dans les partis politiques entre autre.Ce sont des organisations issus de la guerre contre les soviétiques, souvent crée à l’origine dans les camps de réfugiés au Pakistan à la faveur de l’affaiblissement des structures traditionnelles et de l’aide militaire/humanitaire occidentale.Le plus connu d’entre eux aujourd’hui est le Hezb-i-islami de Gulbuddin Hekmaktyar qui mène une guérilla dans l’est du pays. Mais le célèbre Massoud était aussi à la tête d’un partie de ce type. Ces partis ne sont pas tribaux mais peuvent utiliser les réseaux tribaux éventuellement. *

Enfin, il y a les “qwam” qui forment une sorte de  réseau de solidarité. Ils peuvent être tout et n’importe quoi, un groupe professionnel. par exemple (voir là pour plus de détail). Parfois ils sont politiquement dormant, parfois actif. Ils jouent un rôle sur l’échiquier politique qui ne se confond pas avec les réseaux tribaux.

La conjonction de ces éléments relativisent considérablement l’importance de la tribu, le fait même que les taliban ne se rattache à aucune revendication tribale ou ethnique doit rendre très prudent.

Ces quelques remarques sommaires et  imprécises (un véritable anthropologue m’aurait sans doute exécuté plusieurs fois)doivent convaincre que déclarer que l’Afghanistan est une société tribale, ce qui peut être vrai dans la mesure où il y a des tribus, risque de masquer une réalité beaucoup plus complexe et mouvante.

Pour en savoir plus: Ghost of Alexander.L’auteur de ce blog maintient une bibliographie considérable sur l’Afghanistan.

Comparaison ridicule

Nombre de soldats américains tués au Vietnam: 58 000 morts

Nombre de soldats américains tués en Afghanistan: 1059 morts

Il faudrait créer un nouveau délit, la comparaison douteuse.

But it is now re-starting in earnest ten years in, dwarfing Vietnam in scope and longevity.

Mais cela recommence sérieusement après dix ans, écrasant le Vietnam en envergure et en longueur.

Du pétrole dans les Malouines

Après trente ans de tranquillité, les îles Malouines vont sans doute à nouveau faire parler d’elle. La zone économique exclusive entourant l’archipel fait l’objet de spéculations depuis des décennies sur l’éventuel présence de pétrole. Depuis plusieurs mois une campagne de forage était en cours mais n’avais eu que peu de succès. Il semble que la présence de pétrole soit désormais confirmée. On est encore très loin d’une entreprise commercial viable mais la première condition, la présence de pétrole, est au moins remplie. A près de 3000 mètres de profondeur dans l’Atlantique Sud, l’éventuelle exploitation commerciale (qui reste pour l’instant hypothétique) sera loin d’être simple d’autant plus que le gouvernement argentin, qui revendique toujours les Malouines, semble bien décidé à rendre un tel projet aussi difficile que possible.

Une arme de destruction massive?

Olivier Kempf s’est indigné sur twitter que Faisal Shahzad, l’auteur de la tentative d’attentat à New York, soit désormais accusé de tentative d’utilisation d’une arme de destruction massive. Cela laisse songeur lorsqu’on sait que l’engin explosif caché dans une voiture était bien incapable, dans le cas improbable où il aurait fonctionner correctement, de causer des dommages comparables à un engins nucléaire ou chimiques. A titre de comparaison, la tristement célèbre attaque ratée au gaz sarin dans le métro de Tokyo a tué 13 personnes et blessé plus de  6000 personnes. Une arme nucléaire de faible puissance (environ 1 kilotonne) raserait plusieurs blocs résidentiels et tuerait plusieurs milliers de personnes sans même parler du nombre incalculable de blessés. En Irak, où les explosifs et l’expertise sont abondantes, les attaques grâce aux voitures piégées tuent régulièrement plusieurs centaines de personnes. C’est très grave et une attaque de ce genre serait un choc sévère pour un pays moins habitué à ces évènement comme la France mais c’est sans commune mesure avec les dégâts causés par une  arme de destruction massive tel qu’on les définit traditionnellement c’est à dire la triade habituelle: nucléaire, bactériologique et chimique.

Alors pourquoi diable le département de la justice américain a t’il eu l’idée curieuse d’accusé Faisal Shahzad de tentative d’utilisation d’arme de destruction massive? Et bien quelqu’un (Au congrès? Pire au département de la Justice?) a eu l’idée merveilleuse de définir les armes de destruction massive comme suit:

the term “weapon of mass destruction” means—

(A) any destructive device as defined in section 921 of this title;

(B) any weapon that is designed or intended to cause death or serious bodily injury through the release, dissemination, or impact of toxic or poisonous chemicals, or their precursors;

(C) any weapon involving a biological agent, toxin, or vector (as those terms are defined in section 178 of this title); or

(D) any weapon that is designed to release radiation or radioactivity at a level dangerous to human life; and

Pour faire simple toute engin destructeur définies par la section 921 du présent titre (Titre 18 de la Criminal Law), toute arme conçue pour tuer grâce des produits chimiques toxiques, toute arme impliquant un agent biologique, toute arme relâchant une dose de radiation mortelle pour l’homme.

C’est la section 921 qui nous intéresse:

The term “destructive device” means—

(A) any explosive, incendiary, or poison gas—

(i) bomb,

(ii) grenade,

(iii) rocket having a propellant charge of more than four ounces,

(iv) missile having an explosive or incendiary charge of more than one-quarter ounce,

(v) mine, or

(vi) device similar to any of the devices described in the preceding clauses;

Donc est un engin destructeur toute bombe, grenade, roquette (sous certaines conditions), missile, mine ou engins similaires, explosif ou chimique. Donc un  peu près tout et n’importe quoi peut être une arme de destruction massive. Le système judiciaire américain étant ce qu’il est, le but du jeu pour le procureur est de trouver un maximum de chefs d’accusation pour garantir que l’accusé sera au moins condamné pour un des chefs d’accusation en ensuite garantir la peine la plus grave possible, en l’occurrence la mort. Le résultat absurde est qu’une voiture piégée tout ce qu’il y a de plus banale devient pas la magie du droit une arme de destruction massive. Le terme recouvre ordinairement une gamme assez large de techniques avec des effets très variables mais étendu à ce point là, il perd le peu de signification qu’il avait.

La Chine, cette nation si pacifique…

Aujourd’hui, colloque à Lille, un éminent personnage (vraiment éminent ce n’est pas une figure de style) commente le difficile problème des relations avec la Chine avec une formule choc: “La Chine est une nation pacifique depuis 6 000 ans”. Arf, vous allez dire, cela arrive toujours de temps en temps, personne n’est parfait. On en conviendra mais quelques mois plutôt un autre personnage éminent (nettement moins tout de même) sortait une formule similaire sur le pacifisme supposé de la Chine. Et ce n’est certainement pas la première fois ni hélas la dernière fois qu’on aura l’occasion d’entendre de si belles histoires sur la sagesse millénaire de la Chine et son inébranlable pacifisme (insérer une longue liste de cliché ci-après). Il n’a qu’un seul petit problème, la formule est dépourvue de sens.

L’espace culturel Chinois est très anciens c’est incontestable mais son histoire n’est certainement pas pacifique. Le premier empire chinois au sens où nous l’entendons est né dans la violence à la fin du IIIème siècle et était déjà précédé par trois siècles de guerre entre plusieurs Etats dynastiques, la dernière phase de cette époque, celle des Royaumes Combattants, fut marquée par des guerres de plus en plus violentes impliquant une mobilisation toujours plus poussée des ressources étatiques. Elle nous a donc laissé en héritage Sun Tzu, une première tentative de rationaliser la guerre, et la philosophie des légistes tel que Han Fei alliant cynisme “machiavelien” et dévotion total à l’Etat (si un spécialiste de la pensée chinoise est dans les parages il est autorisé à hurler de rage). C’est dire si la période est pacifique.

A partir de 221, commence donc l’histoire chinoise tel que nous la connaissons (on passera sur les débuts de la dynastie Qin et l’extermination de toute forme de vie intellectuelle), celle d’une succession d’empire s’étendant plus ou moins loin à l’est sur les territoires nomades. Qui dit nomade et sédentaire, dit guerre et il en fut souvent question quand l’empire chinois du jour n’avait pas explosé sous la pressions des divisions internes ou les invasions nomades ou les deux à la fois. On accélère, nous arrivons à une période plus récente. La République populaire de Chine n’hérite pas des frontières d’une Etat-nation mais d’un empire. Cet empire c’est celui de la dynastie Qing, des nomades qui donneront à leur nom à leur région d’origine: la Mandchourie. A partir de leur conquête de la Chine au XVIIème; les empereurs Qing vont donner à l’empire le plus grande étendu de son histoire. Il inclue en plus de la Chine des 18 provinces un morceau d’Asie centrale: le Xinjiang, la Mongolie (aujourd’hui divisé entre Mongolie intérieure et la Mongolie extérieur indépendante) et par des voies indirectes le Tibet (qui a un statut particulier et ambigüe).

Les frontières actuelles de la Chine sont donc le fruit d’un impérialisme qui était tout sauf non-violent. En la matière le XIXème sera particulièrement riche pour des raisons qui finalement n’ont pas énormément avoir avec les humiliations infligées par les européens. Le nombre de morts provoqués par la révolte des Taiping, qui n’a que peu de chose avoir avec les européens, écrase de très loin les chiffres des plus grands conflits européens du siècle. Reste qu’évidemment, à l’époque des impérialismes européens et japonais (de 1840 à 1945), l’empire Chinois fait figure de victime et l’étranger sera un bouc-émissaire commode pour les calamités qui tombent sur la dynastie des Qing et ses (plus ou moins loyaux) sujets.

Mais tout cela c’est de l’histoire ancienne, la Chine moderne, celle de 1949, n’est-elle pas un modèle de pacifisme et de résistance à l’impérialisme comme le disait Mao Zedong? Ne dénonce-t-elle pas inlassablement la persistance de la mentalité de guerre froide? Sans aucun doute, mais le discours semble faiblement corrélé au fait. Depuis 1949, la République Populaire de Chine a été très active sur le plan militaire. En 1950, la RPC s’engage pour des raisons défensives, empêcher que les américains s’installent à la frontière chinoise, dans la guerre de Corée déclenché par ses alliés communistes. Dix ans plus tard, en 1962, c’est une guerre à l’initiative chinoise contre l’Inde. C’est le tour du Vietnam de passer à la casserole en 1979 là encore à l’initiative chinoise. N’oublions pas les incidents militaires plus ou moins graves à la fin des années 60 à la frontière soviétique (incident de l’Oussouri).

Il ne s’agit pas de dire que la République Populaire de Chine est impérialiste ni même qu’elle représente une menace. Ce n’est pas le propos. Mais il absurde de baser une discussion sur l’avenir des relations entre l’Europe et le gouvernement de la République populaire de Chine sur une pétition de principe selon laquelle la Chine est une “grande nation pacifique”. La RPC est un État ni plus ni moins agressif que les autres qui a des intérêts et les défendra avec des forces militaires si nécessaires. Avoir des illusions là-dessus relève plus du café du commerce qu’autre chose (à moins que vous soyez un ex-maoïste de l’association des amitiés franco-chinoise dans ce cas-là c’est encore autre problème).

Un océan de soleils levants

On ne dira jamais assez bien de la puissance des outils de communication modernes, on ne dira jamais assez de bien non plus du merveilleux instrument qu’est Google Earth. Les résultats peuvent être des plus imprévisibles. Les concepteurs de GE n’avaient sans doute pas prévus qu’un internaute monomaniaque placerait chaque navire de combat perdu par la marine impériale japonaise sur leur globe virtuel, donnant ainsi une représentation géographique saisissante de la guerre du pacifique. (source: Google Earth Community)

IJN east

IJN central

INJ west

midway

C’est un lieu commun de dire qu’une carte est une représentation de la réalité et non la réalité elle-même. Mais dans une certaine mesure, GE permet de s’affranchir des contraintes ordinaires de la carte.  Premier point évident, le planisphère disparaît au profit d’un globe virtuel, fini les distorsions de la projection de Mercator.  Le globe, facile à manipuler, renverse les perspectives, désormais l’observateur n’est plus tenu de mettre le nord en haut ou de respecter les conventions d’usage. Ainsi, renversée, l’océan Indien prend une toute autre dimension que les planisphères traditionnels rendent très mal.

south IOCela ne s’arrête pas là, l’un  des grands problème de la carte était la compréhension abstraite du relief qu’elle impliquait. Les outils modernes, car GE n’est qu’un représentant grand publique de cette technologie, offrent une compréhension immédiate et intuitive des obstacles géographique. Couplé à une multitude de donnés  climatiques, géologiques, humains, etc  ils donnent une appréciation plus profonde du terrain. Une comparaison systématique peut être fait entre les images satellites et les images au sol prises par des particuliers ou des médias pour une meilleur compréhension de l’espace. Et ce n’est que le début, déjà les grandes villes du monde sont modélisés en trois dimensions avec une précision toujours plus importante. Les flux de donnés se multiplient pour complexifier sans cesse l’image offerte, ainsi GE deviens non seulement un outil de navigation(on peut le coupler avec un GPS) mais aussi de connaissance à de multiples niveaux.

Avec les GE, notre représentation du monce cesse d’avoir 2 ou 3 dimensions  pour acquérir des dizaines.

Mort à tout les poncifs

« Il n’y a pas de solutions militaires », c’est la phrase type, l’incantation, une fois cette courte phrase prononcée, la lumière chasse l’obscurité et tout devient claire. Nous avons un nouvel exemplaire de ce phénomène grâce au secrétaire d’État aux Affaires européennes, Bruno Lemaire.

« nous ne gagnerons pas militairement » Non, sans blague! Alors on a perdu? Dans ce cas là, pourquoi est on encore là bas?  Quelle est cette nouvelle vision du conflit? C’est d’autant plus stupéfiant, non, en fait complètement délirant, absolument inexcusable, car notre cher secrétaire d’État ne veut pas perdre de vue « l’axe stratégique: garantir notre sécurité en évitant que se reconstitue dans cette zone un  foyer terroriste« .

Mais où est la logique? Qu’est ce que cela signifie « gagner militairement »?Soit on gagne, soit on perd. C’est à se casser la tête contre le mur, peut importe qu’à chaque fois qu’un groupe de taliban se présente à découvert il exterminé aussi rapidement qu’un groupe de Vietcong. C’est dénué  de sens. On en reviens à la fameuse citation de Le Duc Tho (que je ne retrouve plus), peu importe que les américains n’aient jamais perdu une seul bataille, ce n’était pas là que cela se jouait.

Tout cela évidemment, ce sont des lieux communs pour ceux qui s’intéressent un peu  aux conflits irréguliers. Peu importe le body count, c’est l’effet politique qui prime, la lutte pour les consciences. Évidemment le fait de le dire ne transforme pas la réalité, derrière les principes il y a une application extra-ordinairement difficile et pleine d’ambiguïté.

Dire qu’il n’y a « pas de solutions militaires » ou un équivalent est dénué de sens. Bien évidemment il ne s’agit pas d’aller sur le terrain, déverser les bombes et faire des calculs statistiques pour savoir combien de taliban sont morts. Mais qu’est ce qu’on s’imagine? Que l’armée ne sert à rien? Qu’une fois avoir prononcé les mots magiques le problème va disparaître? Si on veut effectivement empêche la reconstitution de l’infrastructure terroriste d’Al-Qaida en Afghanistan, il faut trouver une solution politique à ce problème. Cette solution politique, à moins d’un miracle, passera nécessairement par une action militaire. La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens. Utiliser des soldats, lâcher des bombes, tuer des gens, c’est faire de la politique.Le monde n’est pas dans un état binaire ou les phases purement militaires et purement diplomatiques sont bien délimitées comme dans une présentation powerpoint. La violence et la menace de la violence sont une partie  partie intégrante du champ politique tout comme les négociations.

Alors, soit on renonce à l’objectif que l’on s’est fixé soit on accepte les conséquences. Dans le deuxième cas, on ne fait pas des déclarations ambiguës dépourvue de signification. Qu’est ce que les auditeurs de France-Inter ayant écouté Mr Lemaire vont retenir de son intervention? « nous ne gagnerons pas militairement », qu’est ce que cela signifiera pour eux?

L’arrière n’est pas un salon de thé sympathique où l’on peut débattre en toute tranquilité et raconter n’importe quoi. C’est un champ de bataille, le théâtre d’une lutte pour le contrôle de l’information. Celui qui fera passer son message gagnera et même les taliban comprennent cela, eux qui multiplient les contacts des journalistes occidentaux. Maîtriser les flux d’informations, c’est manipuler les perceptions de la réalité, c’est attaquer à la base l’ennemie en frappant sa volonté.

Alors, il serait peut être temps que le gouvernement se mette d’accord et qu’il contrôle l’expression de ses membres. Quel besoin a un secrétaire d’Etat aux Affaires Européennes de faire le moindre commentaire sur l’Afghanistan et en plus de desservir les intérêts du pays avec des formules dépourvus de sens.