Et si la contre-insurrection, c’était une mauvaise blague?

Via The Monkey Cage, une question passablement intéressante…

The warrior–intellectuals relied then on two doubtful presuppositions: first, that British counterinsurgency was successful and, second, that it was inherently less violent than other possible responses to insurgency. These questionable hypotheses were themselves derived from two further methodological shortcomings. The first was reliance on sources anxious to sanitize colonial warfare, most notably the memoirs of British experts in counterinsurgency and secondary literature imbued with imperial nostalgia. Inconvenient accounts of British counterinsurgency were simply ignored by interested Americans. The absence of a methodologically rigorous analysis of accounts of British counterinsurgency was compounded by the problem of case selection. The campaign against the Chinese communist insurgency in Malaya is commonly assumed to have been both successful and typical of British counterinsurgency. Several scholars working on the Malayan counterinsurgency would doubtless dispute the manner in which that campaign has been recently represented. Most obviously, far from being a campaign determined by the British doctrine of minimum force, the counterinsurgency in Malaya witnessed significant civilian deaths and atrocities. Other cases, including British practice in Iraq and Afghanistan, as well as other less successful colonial campaigns, such as Palestine, were largely ignored in American efforts to characterize British counterinsurgency. Furthermore, the inability of the very same counterinsurgency experts who developed the British doctrine in Malaya to easily replicate their success in Kenya should in itself suggest the limited extent to which the Malayan case can be used as a blueprint for other conflicts.

What this suggests is that the thriving literature on counterinsurgency is seriously methodologically flawed – it suffers from a bad case of selection bias. Cases that     support a certain style of argument are emphasized; contradictory cases are discounted or ignored. It is still possible that the strategies advocated by Nagl, Petraeus etc will work – but if Branch’s description of their work is correct, we have no very strong reason to think it will work for the reasons that its advocates claim.

Et ban…

7 commentaires sur « Et si la contre-insurrection, c’était une mauvaise blague? »

  1. Et vlan dans les dents. Le vrai soucis est pas tellement la contre insurrection fonctionne t elle mais plutot: y a t il un autre shema strategique aujourd hui pour contrecarrer les « insurges » (anciennement rebels ou partisants).
    La contre insurrection est l’outil militaire pour imposer un nouveau paradigme dans la gouvernance: la responsabilitee des etats a proteger leurs populations.
    La vraie idee de la COIN est que pour ne pas avoir a faire face a des insurges, les etats doivent se preoccuper du bien etre des populations.
    Ce dont la Malaysie n’a certainement, le Kenya encore moins, ete le model. La campagne de Malaysie fut « gagnee » parce que tres vite les britaniques ont coupe l’herbe sous le pied des insurges en promettant l’independance.
    Mais maintenant la problematique militaire a changee (vraiment?) puisque ce sont des appareils d’Etats souverains et Democratiquements elus (posons la question aux irakiens et aux afghans) qui doivent faire face a des « insurges » et non plus des pouvoir illegitimes coloniaux.

  2. mmmh, le problème c’est que je ne vois pas comment séparer les deux questions. Parce que si les théories et stratégies de la contre-insurrection « moderne » (ou redécouverte peu importe..) sont basés sur une interprétation partiale des faits et qu’il est absolument impossible en réalité de savoir si réellement ça marche, alors que ce soit la seul alternative ne réconforte pas vraiment.

    Avec à l’horizon une autre question, les interventions extérieures de ce type ont-elles une utilité?

  3. Cette question est une autre affirmation de la Grande Crise que nous traversons. Face a des defits de ce types, nous ne sommes pas capables de presenter des solutions claires et facilement applicables… On se retrouve ensuite avec des luttes entres ecuries de theories differentes, non verifiables en absolut. Comment peut on penser, par example, que la simple negociation politique marche pour lutter contre une insurrection apres l’episode colombien ou les negotiations ont servit de repis pour que les FARC s’emparent d’une vaste portion du pays? Ecarter l’option militaire n’est il pas dangereux face a des groups de ce types? D’un autre cote, comment peut on proner une doctrine de contre insurrection alors que les resultats semblent loins des efforts et des moyens engages? Le cas afghan est edifiant… A vrai dire, les problems comme le rechauffement climatique et la crise economique que nous traversons sont du meme ordre. Les problems ne sont plus soluble a 100% ou a 0%, ils sont partiellement solubles et aucune formule des uns ou des autres ne s’applique a tous les cas… Nous avons une boite a outils qui fonctionnent au Bonheur la chance! N’est il pas temps d’avoir un peut plus d’humilite face a nos postures ideologiques, de chercher les nuances, et peut etre meme de se contenter de solution moyennes? Il faut etre content quand un probleme est resolu a 53%…

  4. Il n’est pas completement impossible de savoir si cela marche ou pas. Sans vouloir rehabiliter l’Algerie, la campagne militaro-policiere y fut un succes (sic). Pas de chance, l’heure n’etait (et n’est toujours pas) pas a la domination coloniale mais a l’independance dans le champ politique (ce qui est une bonne chose). Donc on peut dire que ca marche a 30%.
    Le soucis c’est que le climat politique du droit des peuples a disposer d’eux meme n’a pas changer. Et donc ce qui est qualifie d’insurrection aujourd hui n’est qu’une autre version des guerres de liberations du passe. Avant les vilains rebels etaient communistes, maintenant ils sont islamiste (ceux qui connaissent le probleme doivent bien rigoler devant de telles affirmations).
    Le vrai truc, c’est que la contre insurrection, qu’elle soit surje ou population centric, n’est qu’un pretexte pour les USA pour essayer de rehabiliter politiquement leurs desastre colonial.
    Je pense que c’est surtout la la vrai question. Comment utiliser un outil de repression militaire en pretendant qu’on le fait au nom de la liberte. Meme en tirant tres fort sur les cheveux, la narrative approach si chere aux USA n’aide pas. Une invasion et/ou une colonisation restent des prises de terres illegales vis a vis du droit et encore plus vis a vis de la legitimitee issue du peuple.
    Le reste n’est que technique et cooperation civilo-militaire. Ce que certaines armees sont tout a fait capable de faire. (Quand elles en ont vraiment envies).

  5. Sauf que l’Irak et l’Afghanistan n’ont pas était annexé et que leurs gvts ont même des bonnes relations avec un adversaire déclaré de la  »puissance occupante ».

  6. Sauf que l’Irak et l’Afghanistan n’ont pas était annexé et que leurs gvts ont même des bonnes relations avec un adversaire déclaré de la »puissance occupante ».

    Je pense que le mieux c’est de demander aux Afghans ou aux Irakiens. Les afghans avec qui je travaille sont, comment dire, un peu septiques sur la nature du regime mis en place. Pour eux leur pays est occuper. Quand a l’Irak, je passerais sur l’episode de Mr Bremer. Ca n’aide pas, mais vraiment pas un administrateur special avec des pouvoir supperieurs a ceux du « president ». Il y a bien prise de terres illegale lorsqu’il y a renversement d’un regime par la force et imposition d’un regime « ami ». Les sovietiques etaient venus aider un regime ami en difficultee. Et les USA renverser un regime ennemi pour installer un regime ami plus favorable.
    La tentation coloniale est presente et bien la. Le fait d’avoir des relations diplmatiques n’est qu’un glacis supplementaire sur un gateaudeja passablement pourri.

  7. La question n’est pas: « es-ce que ca marche ou pas ».
    En tant que « contre-insurection », il nous faut en premier temps nous penchez sur la théorie de l’insurection, dont la plus brillante et historiquement efficace a était formulée par Mao. L’un de ses principes structurant étant que l’insurection est spécifique a chaque terrain (voir a chaques sous-thêatres insurrectionnels, en fonction des populations, des situations socio-économiques,…)Ainsi, les principes de l’insurection n’auront pas le même resultats ni éfficacité suivant le lieu et le temps.

    Il en est de même en contre-insurrection. Il est donc tout simplement idiot d’appliquer à la lettre les formules ayant marchés dans le passé et dans des régions différentes. En cela, Galula nous donne une matrice permettant de dégager des pistes d’actions. Après, c’est aux chefs, militaires et civils, de saisir la complexité des données socio-politiques locales, régionales (n’oublions pas l’importance des sanctuaires étrangers), de ses propres moyens disponibles (tant matériels, que moraux et temporels), pour dégager une doctrine cohérente et l’appliquer. Ils n’y aura jamais « une » théorie de la contre-insurrection, mais « des » théories, permettant de fournir idées et expériences aux décideurs.

    D’où l’importance d’une formation intellectuelle, et d’une liberté de penser, large chez nos officiers, ainsi qu’une sensibilisation aux questions de défense chez nos décideurs politiques….

    au plaisir

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