De la contre-insurrection à la sécurité intérieure?

Après 7 années de conflits, il était logique que les nouvelles pratiques de l’armée américaine aient un impact sur la façon de penser la sécurité intérieur aux Etats-Unis.

Danger Room 1

Danger Room 2

En effet, le centre de l’activité des militaires dans une opération de contre-insurrection est la protection de la population. Ce qui est précisément le travail de la police. De sorte que naturellement le travail d’un soldat en opération,  même s’il conserve des caractéristiques très particulière, se rapproche de celui d’un policier.  Or l’intuition fondamentale de la doctrine moderne de contre-insurrection est que la légitimité des forces de sécurités et de manière générale du gouvernement n’est pas automatique. Pour obtenir l’allégeance de la population, il faut lui donner des raisons objectives de choisir le camp du gouvernement, si la sécurité n’est pas assuré, qu’aucun bénéfice n’est apparent et que le simple fait d’être en contact avec les représentants de l’Etat est une source de danger pour soit-même, on comprend bien vite qu’il est inutile d’espérer faire des progrès.

Cette manière de penser à des applications très intéressante en matière de police intérieure. Rappelons-nous des principes centraux de la COIN: contact avec la population, intégration poussé des actions civiles et militaires qui doivent progresser de concert, coopération si possible avec les acteurs politiques locaux. La vallée devient une cité de la banlieue parisienne, les agences civils deviennent les services sociaux et l’école, les acteurs politiques sont les maires, les conseillers municipaux, le grand réseaux d’association, les soldats sont des policiers de proximités…. Les parallèles sont innombrables. Reste toutefois une limite très importante: la loi. S’inspirer des grands principes de la contre-insurrection, très bien, mais il ne s’agit pas pour autant d’importer les méthodes militaires adaptés (et encore pas toujours) à un contexte tout à fait différent et beaucoup plus permissif dans l’usage de la violence et de la contrainte.

3 commentaires sur « De la contre-insurrection à la sécurité intérieure? »

  1. L’utilisation de forces armées suppléant la police est en train de devenir courante.

    Voir la guerre contre les narcotrafics au Mexique et la police militaire au Brésil.

    Dans nos contrées, lors d’affaires dans les quartiers  »sensibles », personne n’a rien ni entendu lorsque la police demande des témoins, alors que des  »grands fréres » sont payé pour  »négocier » avec les autorités de la république.

    Alors oui, il n’y a plus guère de différence entre dans la situation sécuritaire de Badgad et celles d’autre métropoles.

  2. doctrine moderne de contre-insurrection ? Ou remise en vigueur de principes déjà appliqués ?
    Souvenons-nous de la bataille d’alger où la 10e DP a menée la lutte contre les réseaux terroristes du FLN. Où des actions civilo-militaires (les SAS) de l’armée française dans les campagnes algériennes.

  3. Je ne conteste pas ces précédents, par moderne je veux simplement dire la doctrine telle que formulée aujourd’hui. Je ne veux absolument pas suggérer qu’il y aurait une rupture où qu’on jamais tenu compte de ces principes.

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