L’argent, nerf de la guerre…

Jean-Dominique Merchet sur le blog secret défense, rappelle l’existence d’un manuel de l’US Army intitulé « Money as a Weapon System ». Selon lui, on ne devrais donc pas être surpris outre mesure par le versement supposé d’argent par les forces italiennes à un groupe armée pas très bien identifié pour obtenir le calme dans leur région de responsablité.

Peut être…mais il paraît difficile de se servir ce manuel pour soutenir cette thèse. Il n’est pas nécessaire de lire intégralement le manuel pour se rendre compte qu’il ne s’agit pas vraiment de prendre des valises pleines de billets verts et de les donner sans autres formes de procès à des individus armés en échange d’un calme relatif. Il est manifeste à la lecture qu’il s’agit d’une affaire relativement bureaucratisé et contrôlé. L’argent sert à financer des milices et des forces armées régulières locales ainsi qu’ à financer des projets de développement locaux ou indemniser des victimes.

Pour être plus concret, prenons l’exemple du « réveil » d’Al-Anbar qui a fait couler beaucoup d’encre. En  2007, des « tribus » sunnites irakiennes de la province irakienne d’Al Anbar, à l’ouest de Bagdad, finisse par se lasser de l’extrémisme violent d’Al-Qaida. Les américains profitent de l’occasion et un accord est trouvé. Les américains vont financer et armer une milice appelé tout d’abord Concerned Local Citizen, puis Son of Iraq.  Ces miliciens assurent  la sécurité de leur quartier en coopération étroite avec l’armée américaine et sous l’autorité de leur émir ou tout autre figure locale. Contrairement à l’image commune, il ne s’agit pas de distribuer des armes et de l’argent à tout va. Les américains profitent de l’occasion pour mettre en place un système de contrôle de la population. Chaque volonté est identité et a un fiche biométrique , les officiers américains s’assurent régulièrement de la destination de l’argent. Bref, cette une affaire qui sur le plan technique est très contrôlé qui s’inscrit dans une stratégie militaire et un mouvement politique d’ensemble. C’est un résumé bref et très imprécis mais c’est l’idée, pour plus d’informations, il faut fouiller dans les archives de l’irremplaçable En Vérité.

Bref, les bonnes pratiques identifiés dans le manuel « Money as a Weapon System » n’ont sans doute que peu de chose en commun avec les activités supposés de nos alliés italiens. Là, nous avons à faire semble-t’il à une forme de racket. Le groupe armée X avec un degré de nuisance significatif est payé pour qu’il se tienne tranquille. S’agit-il de taliban? d’un autre groupe?  Peu importe, il s’agit d’un simple accord. Il n’y a priori aucun processus politique, ni même de stratégie d’ensemble derrière cela. Si un groupe a été effectivement  payé, on peut même s’interroger sur la rationalité de cette action. En effet, le groupe en question  peut exiger plus sachant qu’il est position de force et atteindre patiemment, accumuler des ressources: argent, armes, forces morale et politiques. Bref, financer des groupes armés anti-coalition ou en tout cas à la loyauté  douteuse sans avoir les moyens des contrôler ou de les marginaliser à terme est suicidaire.

Un commentaire sur « L’argent, nerf de la guerre… »

  1. Une mise au point salutaire en tout cas… on lit et on entend beaucoup d’imprécisions sur ce sujet.
    Cordialement
    Stéphane Taillat

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