Jomini: L’axe fondamental de la stratégie

Une fois l’objectif fixé, la manière la plus efficace de l’atteindre est encore de battre l’armée ennemie, neutralisant ainsi l’opposition à toute entreprise ultérieure. L’objet principal de la stratégie vise donc à éliminer une armée adverse sur un théâtre d’opération donné. Pour Jomini, la stratégie en réalité se réduit à un élément fondamental: les lignes de communication. Pour vaincre, il faut couper les lignes de communication adverse tout en préservant les siennes.  En effet si une armée perd son soutien logistique, sa disparition n’est alors plus qu’une question de temps. Cette nécessité absolue de protéger ses lignes de communication tout en attaquant celle des autres façonnent la quasi-totalité des conceptions stratégiques de Jomini,  c’est autour d’elle que toute sa pensée s’organise.

Mais comment faire? Reprenons depuis le début. Tout d’abord il faut un objectif ou pour reprendre plus précisément la terminologie de Jomini, un “point objectif”. Une fois celui-ci déterminé, il faut choisir la trajectoire de l’armée pour atteindre le point: ce sera la ligne d’opération. Cette ligne d’opération devra partir d’une base capable de soutenir les opérations de l’armée et passera éventuellement par des bases intermédiaires.L’armée a bien entendu la possibilité de changer de ligne en cours de route, ces nouvelles lignes seront les lignes de manœuvre. La ligne d’opération est une abstraction, il ne s’agit pas d’une route déterminé ou d’un fleuve encore qu’elle puisse momentanément se superposer à ces objets. En réalité, une armée se répartira sans doute sur plusieurs routes dans une région donné, chacun détachement séparé par une distances de quelques heures de voyages. Le jeu est alors de maintenir une armée avec une cohésion suffisante et des lignes suffisamment sûr pour pouvoir l’emporter en cas de batailles. Pour cette raison, et si les circonstances si prêtes, notamment si le rapport des forces numériques est favorable, Jomini préconise la concentration des forces et donc des “lignes intérieures”, relativement sûre, pour l’armée. A l’inverse, si le rapport est défavorable, il faudra choisir des “lignes extérieures” et attaquer une fraction de l’armée ennemie aux extrémités, débordant du même coup l’adversaire et donc coupant ces lignes de communication, l’inconvénient est que dans le même temps les lignes de communication amies sont alors elles-aussi en danger. Dans ces deux cas idéal-type, il s’agit d’opposer à l’ennemie la plus grande concentration de force possible sur la partie la plus faible du dispositif adverse, le “point décisif” dans le vocabulaire Jominien. Autre principe finalement assez familier des lecteurs.

C’est à cause de ce problème des lignes de communication  et de l’importance des lignes d’opérations que la géométrie prend de l’importance dans la pensée du général suisse. La géométrie est une manière abstraite de comprendre l’espace, Jomini utilise donc celle-ci comme une métaphore pour faire comprendre le problème des lignes de communication et comment il détermine en bonne partie le choix des les lignes d’opérations. Elle n’est pas déterminante en soit, il ne s’agit en aucun cas de calculer un angle pour déterminer ensuite que telle ligne d’opérations, telle stratégie devra être choisie.

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