Jomini: Politique de la guerre et politique militaire.

Pour Jomini l’art de la guerre se décompose en six grandes composants: la politique de la guerre, la stratégie, la grande tactique, l’art de l’ingénieur (les sièges), la logistique et enfin, la tactique de détail. Mais il ajoute aussi une septième catégorie, la politique militaire.

La politique de la guerre et la politique militaire ont en commun que la responsabilité de leur conception et de leur mise en œuvre ne relève pas du domaine d’action  du général en compagne. La politique de la guerre c’est tout simplement décider où, quand, comment, avec quels alliés et pourquoi entrer en guerre. Cela désigne entre autre, l’ensemble des “combinaisons diplomatiques”, de l’Etat en temps de paix et en temps de guerre. Leur impact sur les opérations militaires est tel qu’on peut difficilement considérer que cela ne fait pas partie du domaine militaire sous prétexte que dans la plupart des cas (et à condition qu’une telle distinction organique existe), ces décisions relèvent du pouvoir politique.Jomini consacre dix articles à la politique de la guerre  avec une nomenclature des types de guerres et des exemples. Par ce chapitre, Jomini montre que la séparation entre niveau militaire et politique est organique mais n’est pas dans la logique de l’art de la guerre même s’il ne le dit pas. Décisions politiques et militaires sont intimement liées et les séparer est une nécessité pratique car il est rare dans des systèmes politiques complexes de trouver en une même personne le talent militaire et le talent politique. Mais cette séparation nuit plus qu’elle ne sert.

La politique militaire c’est le reste, ce qui ne dépend pas du général en campagne mais ne dépend pas non plus de la politique de la guerre. Cela recouvre par exemple les aspects institutionnels de l’organisation des armées. Ainsi, la séparation des forces en trois services (marine, air et terre) autonome ou encore chapotés par une chef d’Etat-major est une question qui relève de la politique militaire. Il en est de même de la formation des soldats et des officiers ainsi que du système de promotion. L’armement et tout l’infrastructure industrielle nécessaire à sa production relève aussi de cette catégorie. Il faut aussi s’assurer de la capacité à financer les armées. En définitif, les pouvoirs dont disposent le gouvernement pour faire face à la situation d’exception qu’est la guerre font partie aussi de la politique militaire. Le moral de la population et des armées et les moyens de le soutenir sont aussi à considérer. Et la liste n’est pas exhaustive…

C’est Clausewitz qui a posé le désormais célèbre aphorisme “la guerre est la continuation  de la politique par d’autres moyens”, Jomini, peut être plus pédagogue, montre pourquoi il ne peut pas en être autrement et ce que cela signifie.

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