Polybe et le début de la première guerre punique

La pax romana a souvent été qualifié d’empire accidentel.Il n’y a, au moins jusqu’aux dernières années de la République, pas de volonté ou de théorie de la domination universelle, l’empire se fait au fur et à mesure au hasard des guerres voulus ou subis par le peuple romain. Les romains se plaisaient évidemment à imaginer que l’empire n’était que le fruit de guerres justes et que le droit était toujours respecté. Heureusement, Polybe est là pour rappeler que ce n’était pas toujours le cas. Un des exemples les plus édifiants est certainement le début de la première  guerre punique.

L’affaire commence lorsque Rome a unifié toute l’Italie continentale au milieu du IIIème siècle, un groupe de mercenaires appelés les mamertins eu l’idée de s’emparer de ville sicilienne de Messine, de massacrer et expulser les citoyens pour enfin se partager les terres et les femmes. Leur forfait fut si bien mené que rapidement des imitateurs apparaissent, notamment de l’autre coté du détroit, dans la ville de Rhégion. Ces imitateurs étaient des soldats romains, ce qui mit évidemment Rome dans l’embarras. Dès qu’ils eurent les mains libres, les romains prirent la décision de régler leurs comptes aux rebelles.La campagne fut rondement menée et se solda par quelques centaines de têtes décapitées, justice était faite. Du moins en ce qui concerne Rhégion, Rome n’ayant à première vue aucune raison de s’occuper des affaires de Sicile juste de l’autre coté du détroit.

Les voisins de Messine étaient évidemment fort peu satisfait de la situation, trouvant le nouveau voisinage assez détestable. La puissante cité sicilienne de Syracuse pris finalement les choses en main et lança une attaque sur Messine. Les choses allèrent si bien que les mamertins demandèrent de l’aide à Rome, confirmant ainsi qu’ils ne manquaient décidément pas de culot. Rome si soucieux des formes et de la justice ne pouvait décemment pas aider de tels forbans. Hélas, justice et intérêts bien compris ne vont pas toujours ensemble et il y avait un problème. L’influence de Carthage en Sicile, la grande cité commerçante africaine, était grandissante. Si les romains n’aidaient pas les mamertins, les carthaginois pourraient sauter sur l’occasion pour achever leur contrôle de l’île. Cette perspective, alors que Carthage dominait la méditerranée occidentale, était for peu réjouissante pour les sénateurs romains. Les mamertins étaient peut être des forbans, mais c’étaient les forbans des romains, peu importe pour le reste.  Pour convaincre le bon peuple on fit miroiter un grand butin et maintes occasions de pillages, celui-ci ne se fit pas prier et s’embarqua avec enthousiasme dans l’aventure.

Et voilà comment la fière cité romaine s’engagea dans une guerre terrible de 23 ans qui n’est pourtant que la première d’une trilogie. Il est difficile d’imaginer une guerre plus longue pour une cause aussi douteuse. Mais hier comme aujourd’hui, le problème reste le même. La guerre n’était pas juste pourtant elle fut jugée nécessaire.

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