La guerre économique, est-ce que ça existe?

Des gens respectables disent que non:

Econoclaste 1

Econoclaste 2

Paul Kurgman (eng )

Econoclaste 3

Econoclaste

Ce serait tout de même bien de savoir, après tout on construit des écoles entières sur cette  notion. En plus la réthorique de la guerre économique est vraiment très présente dans les millieux de la défense. Ce serait assez décevant d’apprendre que c’est une mauvaise blague.

Quelques exemples:

Mais pour pratiquer l’ouverture unilatérale, il n’y a pas besoin d’une institution internationale. Surtout d’une institution dont le fonctionnement est absurde. Par exemple, si un pays (mettons, les USA) décide de ruiner son industrie en augmentant ses droits de douane sur l’acier (par exemple, européen), les règles de l’OMC permettent à l’Europe d’à son tour, appauvrir sa population, à la même hauteur que les USA ont appauvri la leur, en adoptant à son tour des droits de douane « de représailles ». Quel est exactement l’intérêt d’avoir le droit de s’infliger des dommages parce que les autres le font? Et quel est l’intérêt de n’accepter d’accroître son bien-être (en réduisant ses barrières douanières) uniquement si les autres le font?

Si ce concept a tant de succès, c’est qu’il sert de justification à tout et n’importe quoi. Nous sommes incapables de réduire le chômage?  Mais c’est la guerre économique, mon petit monsieur. Et la guerre économique fait des victimes! (je vous jure que j’ai déjà entendu cette phrase). Nous favorisons l’émergence de monopoles nationaux qui s’engraisseront sur le dos des consommateurs pour faire du dumping à l’export? Mais c’est la guerre économique, etc.  Ce concept foireux a donc du succès en raison de son caractère justifiant : il permet de justifier la nullité des politiques, et aux adversaires de la mondialisation, il sert à dénoncer une chimère avec un vocabulaire flashy. Diriez-vous que vous êtes contre l’enrichissement des pays développés et en développement, et contre les échanges internationaux? Vous avez l’air d’un vieux c… Par contre, si vous dites que vous refusez la guerre économique qui affame les peuples, vous avez l’air tout de suite plus sexy.

3 commentaires sur « La guerre économique, est-ce que ça existe? »

  1. Les commentaires cités sont largement justes. La richesse interne des consommateurs d’un pays dépend de ce qui est produit intérieurement plus des importations. Mais pour cela il faut notamment des matières premières (ou des équipements qu’on ne produit pas) et donc exporter pour se les payer.
    Chaque pays a sa politique économique en fonction de ses avantages internes.
    Mais cette compétition économique est largement faussée à l’échelle internationale.
    Pourquoi?
    D’une part il faut remarquer qu’il y a des barrières d’entrée très élevée pour les produits a plus forte valeur ajoutée que ce soit par la « brand equity » ou l’investissement technologique et industriel.
    Un pays qui perd une entreprise de taille mondiale ne retrouvera pas sa position ou tres difficilement sur les marchés de cette entreprise.
    Un pays qui cherche a avoir les entreprises de taille mondiale qui font une nation riche, doit circonvenir les regles du commerce international.
    Il le fait en sous evaluant sa monnaie par exemple (cas de la Chine) au détriment du pouvoir d’achat de ses citoyens.
    En deuxième lieu toute les technologies ne sont pas libres notamment celles ayant un impact militaire.
    La liste de Wassenaar et les normes ITAR existent.Ces restrictions sont utilisées pour préserver l’avantage militaire du groupe de nations occidentales (plus le Japon et la Corée du Sud) mais aussi préserve « de facto » leur avantage économique sur les produits techniquement avancés.Il ne faut pas oublier que l’investissement militaire ou dual dans la technologie represente 15 à 40% de l’investissement national en R&D de certaines puissances comme les USA, la France, la GB, l’Allemagne, la Suède, Israel etc.
    Ceux qui sont exclu de l’accès à certaines technologies et machines ne peuvent être compétitifs sur les segments a forte valeur ajoutée technologique.
    En troisième lieu nombre de grands contrats d’exportation sont liés à des relations d’Etat a Etat et l’influence politico militaire compte.

    La conclusion est la suivante:
    Si vous vous contentez d’être un Etat neutre ou militairement vassal d’une grande puissance occidentale, vous pouvez vous contenter d’être simplement un acteur efficace dans la compétition économique organisée dans le style de la Suisse, des Pays Bas etc.et d’essayer simplement de pérenniser vos grandes entreprises ou vos PME performantes sur les marchés de biens de consommation ou d’équipement libres par une politique économique adaptée et qui respecte les accords internationaux(donc libérale).

    Si vous voulez faire partie du groupe des grandes puissances fortes militairement ou potentiellement fortes, et avec un large degré d’autonomie politico militaire, alors vous devez avoir une position forte sur certaines industries (notamment aéronautique, composants électroniques, nucléaire, matériaux voire automobile etc.) et vous devez préserver votre BITD.
    Il faut rappeler que les matériels militaires complexes sont en totale dépendance du bon vouloir du fournisseur donc de l’Etat fournisseur .Avec la technologie numérique moderne, il peut même en bloquer l’utilisation selon son bon vouloir. De plus certaines technologies ne sont jamais exportées au meilleur niveau (cas des CME par exemple).
    D’autre part les technologies employés dans certaines grappes industrielles comme l’aéronautique, les , composants électroniques, matériaux avancés (y compris certains aciers), le nucléaire sont complètement dépendantes de l’investissement de l’Etat à travers la défense.
    Il y a donc des industries et technologies de souveraineté et celles-ci ne sont pas régit par des considérations de libre échangisme économique. La notion de guerre économique n’est pas infondée dans ces cas ci mais elle se situe sur les marchés exports dans les pays tiers puisque en fait chaque Etat préserve ses industries chez lui.
    Ajoutons qu’il a une zone grise ou des industries duales sont en jeu. Leur activité n’est pas complètement liée a la défense mais soit par la production de bien duaux, soit par la stimulation de la demande, soit par leur effet sur le potentiel de guerre, leur appartenance a domaine de souveraineté ou de libre échange n’est pas totalement clair suivant la conception plus ou moins forte (paranoïaque ?) qu’on se fait de la sécurité: matériaux (aciers et aluminium inclus), composant microélectronique, informatique, chimie fine, automobile, machine outils etc.

    La ou il a confusion c’est quand l’Etat décide non seulement de préserver ses industrie de souveraineté mais aussi des champions économiques qui n’en font pas partie mais contribue grandement par leur position dominante mondialement a la richesse du dit pays et Etat ( par les impôts).

    C’est typiquement le cas de la France. Notre modèle social est très couteux et rigide et par sa pression fiscale est peu favorable à l’émergence d’entreprises nouvelles de taille mondiale. Pratiquement aucun leader mondial n’a émergé en France en 40 ans.On y a surtout observé la création de champions par la consolidation des entreprises francaises. Et les français à qui on a accordé une extrême protection sociale, refusent largement le risque économique et ne comprennent pas grand-chose a la gestion outre le fait qu’il sont largement sous propagande de groupes antilibéraux ou marxistes.
    Nous sommes le seul pays occidental ou la droite et la gauche modérée sont largement antilibéraux.
    On y généralise donc cette notion de guerre économique. S’il est complètement légitime de soutenir ou sauver un Alstom, un Safran, un Dassault, un Thalès, un EADS, un ST microelectronic ou un Areva, discutable concernant un Péchiney ou un Arcelor (exception faite de la partie des matériaux a haute performance) ca l’est beaucoup moins s’agissant d’un Danone, Véolia ou l’Oreal et pourtant l’Etat s’y immisce au nom de la protection de l’emploi.
    Au nom de la protection de ce modèle social qui refuse la notion de risque, et qui en fait privilégie certaines catégories de francais, on a un système qui crée un chômage structurel, en sus des chômages dit frictionnel et conjoncturel, et on justifie la préservation de se modèle en se défaussant sur les autres, la mondialisation, la guerre économique etc. mais aussi en agissant de manière néo mercantiliste.
    En fait la politique française est largement faite par une élite de droite et de gauche qui sait très bien ce qu’elle fait (et fait aussi partie de l’oligarchie économique) et le reste des politiques et de l’opinion sont simplement instrumentalisés et désinformés.
    Ceci dit la France n’est pas la seule a pratiquer cette guerre économique limitée(avec désormais les limitations qu’imposent l’EU).
    Ceci dit remarquons que certaines multinationales étrangères pratiquent une guerre économique privée avec la tolérance de leur Etat d’origine.Le fait que Kroll soit aux USA n’est pas innocent.
    Les entreprises francaises qui comptent sur l’Etat sont assez faibles sur ces sujets.

    En conclusion une puissance doit préserver ses industries de souveraineté ce qui pose un problème surtout sur les industries duales si on veut respecter à la lettre les accords internationaux (qui autorisent l’exception de défense). Certains pays se contentent de donner un cadre favorable aux industriels qui sont sur les productions duales (politique fiscale et de R&D publique par exemple) et d’autres les aident de manière presque illégale et pratique l’interventionnisme (la France est un cas extrême).

  2. Je suis moi-même assez rétif à cette notion de guerre économique, car elle présente le danger de faire croire qu’elle est la forme moderne de la guerre, la forme « classique » ayant disparu. Toutefois, il y a une rivalité économique, mais elle ne s’exerce pas dans une concurrence pure et parfaite, etc (les présupposés classiques). Il y a ainsi des industries de souveraineté qui se placent radicalement en dehors du champs économique « classique ». Et là, s’il n’y a pas « guerre économique », il y a « rivalité de puissances utilisant l’outil économique ».
    OK

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