Un basculement géopolitique vers l’Asie? Tentative de réponse à Olivier Kempf

Sur EGEA, Olivier Kempf pose la question, malgré la crise y aura t’il un basculement géopolitique des affaires du monde vers l’Asie?

Ma réponse, que j’avais prévue de poster sur EGEA mais qui est devenue trop longue:

Si par Asie on veut dire extrême-orient et sous-continent indien, il n’y a pas de boule de cristal mais je pense honnêtement que oui. Souvenez vous de la crise asiatique, je lit encore des articles datant des années 98/2000 sur l’effet de la crise, à l’époque on s’était réellement inquiété pour l’avenir politique et économique de la région. C’était un véritable désastre. Finalement les années 2000 seront des années de croissance économique exceptionnelle et on verra le sacre de la Chine comme puissance mondiale.

Tout aujourd’hui peut tourner à la catastrophe évidemment mais ce n’est pas nécessairement le scénario le plus probable. Il est raisonnable de supposer que les économies asiatiques s’en remettront avec sans doute bien des difficultés et quelques moments acrobatiques. L’Asie a compris que le capitalisme était la voie du développement, il peut être libéral, étatisé, qu’importe. L’ère des grandes expériences façon grand bond en avant est terminé.
Il y a certes le très épineux problème du vieillissement mais il affecte les grands pays du continent de manière très inégale. Et les masses démographiques sont d’une telle ampleur qu’au fond, je ne suis pas certain que soit fondamental pour nous. 200 millions de chinois dans la classe moyenne c’est déjà plus de 3 fois la France et près de la moitié de l’UE.

Mais le poid économique suffit-il? Non évidemment, le Japon et l’UE en sont la preuve. Il faut d’autres éléments pour être le pivot des affaires du monde.

Deuxième élément, une volonté politique de se servir de ces nouvelles ressources pour acquérir une puissance globale. C’est tout à fait clair dans le cas de l’Inde et de la Chine. Ce sont des acteurs qu’on peut difficilement ignorer désormais. Et pour divers raisons, entre autre le prestige et l’influence, les puissances régionales de moindre importance suivent le mouvement. Par exemple, la Corée du Sud envoie un navire au large de la Somalie, de même que Taïwan. Autant de choses inimaginables il y a 20 ans…

Troisième élément, des tensions régionales significatives. Les triangle Inde/Chine/Pakistan, ou Chine/Japon/USA sont marqué par des relations ambiguës, la frontière entre hostilité et coopération est flou. Si la Chine est isolé, alors elle ne pourra jamais devenir la grande puissance rivale des USA à l’échelle globale. Si au contraire, elle réussie à prendre l’ascendant sur ces voisins, en attirant la Corée du Sud et l’Asean dans son orbite par exemple, peut être irons nous vers un système bipolaire.

Pour allez droit au but, l’avenir de l’Asie déterminera l’avenir du système international. Les relations entre les différents acteurs et bien entendu, leur relation avec les USA, sont la clef. Il n’y a personne d’autre, la Russie est hors circuit, l’Europe aussi, l’Amérique latine est encore loin, l’Afrique n’en parlons pas. Quand bien même les relations OTAN/Russie se mettraient à geler, jamais cette relation ne parviendra à elle seul à structurer l’ensemble du système comme à l’époque de la guerre froide. La Russie n’est plus assez puissante pour cela.

Mais en Asie tout est désormais possible. Et c’est en ce sens à mon avis qu’il y a basculement vers l’Asie. L’avenir ne se joue plus dans les pleines d’Europe centrale, ni même au moyen-orient, mais là bas…

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