Le paradoxe de l’incertitude dans les sociétés industrielles

C’est le paradoxe de l’incertitude: alors que les sociétés traditionnelles, dont la marge d’action sur le monde est faible, sont très dépendants d’événements qui leurs sont extérieurs, les sociétés modernes qui maîtrisent infiniment mieux leur action sur le réel, voient leur dépendance s’accroître par rapport à leur propre outils. L’incertitude maximale n’est pas générée aujourd’hui par des événements extérieurs mais par la mise en oeuvre des moyens destinés à maîtriser l’environnement: pollution, crises économiques, catastrophes industrielles, insécurité routière…Cela signifie que de nombreuses politiques publiques n’auront d’autre objet que la gestion des désajustements produits par d’autres politiques sectorielles; la société sectorielle, en perpétuel déséquilibre, génère en permanence « problèmes », « dysfonctions » ou « effets pervers » qui devront à leur tour faire l’objet de politiques publiques. En ce sens , les sociétés modernes sont devenues , pour l’essentiel, des sociétés autoréférentielles, ce qui signifie quelles doivent trouver en elles-mêmes le sens de leur action sur elles-mêmes.

Les politiques publiques, Pierre Muller, Que sais-je?

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