Rivalité et Coopération

Cette expression est un poncif. Dès qu’il faut analyser les relations entre le Japon et la Chine, les États-Unis et la Chine et de manière général toute relations avec à la fois des éléments conflictuels et des éléments d’interdépendance.

Sans doute la caractéristique de l’époque actuelle et peut être à venir c’est cette aspect gris, ambiguë, insaisissable. Le monde n’est pas divisé en bloc, il n’y a pas de grandes confrontations militaires. Pourtant chacun voit planer des nuages noirs sur l’horizon puis soudain une éclaircies. Tant et si bien que l’observateur ne sait jamais très bien sur quel pied danser. Alors, allié? adversaire? partenaire? associé? Un bon nombre des relations majeurs de ce début de XXIème siècle semblent indéfinissable. Oscillant de manière lunatique entre haute et basse pression.

Depuis trente ans les échanges de tout types (biens, idées, personnes) se sont considérablement développés, au point que tout les acteurs semblent aujourd’hui conscients que la prospérité économique des uns dépend de celle des autres. Il n’y a de fortune pour personne si les marchés voisins sont dévastés par la crise économique voir même l’effondrement politique. Au contraire même, la pauvreté et l’insécurité dans lesquels s’enfoncent les uns ont un effet négatif sur la sécurité et la prospérité des autres.

Alors le monde est voué à la paix, un ère idyllique de coopération s’ouvre pour tous dans un monde sans frontière? Hélas non.

Car alors même que la mondialisation et les différents phénomènes d’interdépendance font sentir leurs effets, un autre élément les freine. Il n’existe aucun pouvoir hiérarchique  dans la société internationale, les États font face à une incertitude radicale: leur sécurité n’est jamais assuré. Par conséquent comme l’expliquait très bien Mearsheimer, les États doivent toujours chercher à maximaliser la puissance. Car de la puissance découle un surcroit de sécurité. Certes ils peuvent intégrer dans leurs calculs les relations d’interdépendance mais cette variable à elle seul ne peut rassurer les joueurs.  Car dans l’équation subsistera toujours une variable inconnu, l’intention de l’autre qui, en dernière analyse,  est indéchiffrable. Dans le calculs de l’autre, quels seront les impératifs qui auront la priorité: économique? idéologique? Nous n’en n’avons pas la moindre idée.  L’autre peut parfaitement conduire rationnellement des objectifs qui nous sont parfaitement étranger et même incompréhensible. C’est bien pour cela qu’il est autre, il est différent.

Chaque joueur est une boîte noir et l’acteur rationnel se doit de supposer le pire en espérant le meilleur.

La perspective deviens encore plus brouillé si l’on se souviens que les hommes ne sont pas rationnels. La passion les guide, désir de gloire, nationalisme exacerbé, cupidité, folie des grandeurs. Ainsi nous devons non seulement tenir compte de son système de valeur(qui comme il a déjà été dit plus haut est inconnu ou  mal compris) mais nous devons savoir que le programme d’action choisis par le ou les dirigeants est impossible à cerner. En admettant même que ses objectifs  soient identiques aux notres, il peut considérer qu’il joue un jeu à somme nul à alors que nous pensons jouer une partie coopérative. Peut être est-ce d’ailleurs nous qui nous trompons, nos croyances nous ayant fait croire à l’existence d’un jeu coopératif là ou il n’y en avait pas.

La nécessité pour les États de maximiser la puissance pour assurer leur sécurité est donc amplement démontrée. C’est la seul solution face à une incertitude radicale.

C’est ici que les ennuis commencent car si l’économie n’est pas forcement un jeu à somme nul(c’est du moins l’opinion des spécialistes de la dismal science), le jeu de la puissance lui en est certainement un. Car la puissance  ne peut se mesurer que de manière relative. A est plus puissant que B et C est plus puissant que A mais la combinaison de A et B est plus puissante que C. La liberté de manœuvre et l’influence qu’obtiens un acteur est automatiquement perdu pas un autre. Et comme la conséquence de l’échec peut être la mort, ces relations seront nécessairement conflictuelles. C’est un jeu permanent d’équilibres voués à s’effondrer puis à se reconstruire.

Les États tiraillés entre deux dynamiques contraires balancent, ménagent la chèvre et le choux,  sans jamais résoudre la contradiction.

Tout le problème est donc de savoir ce qu’il l’ emportera entre la crainte et la confiance en l’avenir. En l’absence de boule de cristal, on ne peut que rester dans l’expectative et espérer. Bien malin est celui qui pourra savoir où vont les relations sino-japonaises ou sino-américaines sans parler des relations euro-russes. Anthropologie, sociologie, psychologie, histoire, sciences politiques, économie et plus encore, tout ces savoirs devraient être mobilisés et même dans ces conditions, l’incertitude, la peur ne pourra que diminuer . Jamais elle ne pourra être éliminée.

Bien voilà, le lecteur averti s’est sans doute ennuyé. Qu’il se rassure, l’article ne lui est pas destiné. Il s’agit d’abord de mettre de l’ordre dans les pensés et d’inciter à la méfiance les éventuelles néophytes.  Vous ne savez rien, l’auteur non plus d’ailleurs…

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