Ils en ont parlé: le conflit israelo-palestinien

dinerC’est une très mauvaise idée de parler de la guerre au proche orient, c’est un sujet lassant qui soulève des passions incontrôlées.  Finalement, le lecture du blog de Shmuel Rosner a fini par devenir suffisamment agaçante.

Commençons par dire que c’est une lecture très intéressante et qu’il y a bien des manières plus détestables de perdre son temps, c’est une très bonne fenêtre sur l’opinion israélienne. C’est là le drame.

Premier point, le Hamas refuse de reconnaître Israël, ce qui prouve nécessairement qu’il n’y a rien attendre de ces gens là, etc. C’est sans doute l’un des thèmes les plus souvent répétés. C’est surement exact et d’ailleurs le Hamas n’a pas l’air d’être un organisation très sympathique. Ce qui est gênant c’est le refus d’admettre qu’il puisse être rationnel. Le lecteur objectera » mais comment négocier avec ce dont on nie l’existence ». Que le lecteur soit rassuré, ce n’est pas un problème en politique internationale. Car c’est précisément cette obsession de la reconnaissance qui rend se refus de renaissance intéressant. Cela deviens une carte de négociation, une monnaie d’échange. Si la partie israélienne n’accordais aucune valeur à la reconnaissance, il n’y aurais pas de débat.  Le Hamas n’aurait rien à vendre. Mais puisque Israël veut cette reconnaissance, alors elle a prix. Un prix d’autant plus élevé que le Hamas n’a que très peu de chose à vendre

Que peut proposer le Hamas?Fort peu de choses: un arrêt des tirs de roquettes qui ne sont guère plus qu’une nuisance, et la reconnaissance d’Israël. Le dernier élément a sans doute infiniment plus de valeur pour un État obsédé par sa survie dans un environnement hostile.

Hors de ces deux cartes, le Hamas n’a rien. Il est dans une position extra-ordinairement faible. La cause palestinienne c’est rarement aussi mal porté que ces dernières années. C’est précisément parce qu’il est si faible qu’il ne peut en aucun cas céder. Car accepter un compromis dans une telle position, c’est tout perdre. Du point de vue du Hamas, c’est l’erreur de l’OLP.En effet, ayant vendu sa meilleur carte en échange d’un début de négociations, il se trouve démuni lors de la négociation elle-même.

Il est dans ces conditions hors de questions pour tout joueur qui se respecte d’abandonner sa meilleur carte avant même le début de la négociation. L’exigence de reconnaissance préalable est voué à l’échec depuis le début.Pour le Hamas, la reconnaissance doit s’échanger contre quelque chose de plus grande valeur qu’un début de négociations.

Le lecteur pourra alors s’indigner devant un comportement extrémiste qui fait fit de la souffrance des palestiniens. Il admettra au moins que c’est un comportement profondément rationnel et qui n’a rien de surprenant. Le joueur Hamas sait qu’à court terme les carottes sont cuites, son seul espoir est de tenir le plus longtemps possible en espérant que le joueur israélien se lasse.

Mais on ne se poserais pas tant de question sur le Hamas si l’on ne souffrait pas déjà de la terrible illusion de croire qu’on peut choisir ses partenaires de négociations. Shmuel Rosher est coupable, comme ses compatriotes, du pêché cardinal.

« . President Bush was not “aloof” or “disengaged” from the conflict. In fact, in his June 24, 2002 speech in the Rose Garden, the President laid out the conditions for a two-state solution: the Palestinians would need to find new leaders uncompromised by terror; willing to engage in a sustained fight against terror and dismantle terrorist infrastructure; and willing to practice democracy based on liberty and tolerance. »

« 

« Le président Bush n’était pas « distant » ou « désengagé » du conflit. En fait, dans son discours du 24 Juin 2002 à Rose Garden, le président donna les conditions pour une solution à deux États:  les palestiniens auront besoin de nouveau chefs non-compromis par la terreur, ayant la volonté de s’engager dans un combat soutenu contre la terreur et de démanteler les infrastructures, et ayant la volonté d’installer une démocratie fondé sur la liberté et la tolérance. »

C’est très beau on entend les oiseaux qui chantent, les enfants qui jouent dans les près et l’eau qui coule dans le ruisseau. Cela n’a pas grand chose avoir avec la réalité par contre. Pour comprendre à quel point c’est absurde, imaginez qu’avant les accords d’Evian , le gouvernement français aie exigé au préalable du FLN qu’il rende les armes et livre ses dirigeants aux autorités françaises. Cela se situe à ce niveau là. Rappelons à tout hasard que Yasser Arafat était un terroriste.

Il y aurait sans doute beaucoup de choses à dire sur les palestiniens mais ce sera tout pour aujourd’hui.

Ah, oui, dernier point, pour Rosner il ne fait aucun doute qu’Israel veut la paix, c’est ceux d’en face qui veulent la guerre. C’est creuser sa propre tombe au près de tout lecteur de Clausewitz. Les clausewitziens savent que c’est toujours l’agresseur qui veut la paix et le défenseur qui veut la guerre.  On ne le répétera jamais assez, Clausewitz, c’est le messie.

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