2015: l’année du porte-avion Chinois

cnplanVia  information dissemination,  un article paru dans l’Asahi Shimbun, grand quotidien japonais,  affirme que le marine chinoise entend se doter de deux porte-avions d’environ 50 à 60 000 tonnes de déplacement, elle entend aussi compléter un porte-avion d’origine soviétique, le  Varyag, acheté à l’Ukraine en 1998.

Comme le fait remarquer notre amiral en chambre préféré, Galrahn, ce programme ambitieux était attendu depuis longtemps. Toutefois, la nouvelle surprendra peut être certains observateurs qui voyaient plutôt la marine chinoise arriver à ce niveau vers 2020. Rien ne dit d’ailleurs qu’ils aient tord car la Chine ne dispose pas d’expérience en matière de construction de navires de combats de cette taille sans même parler de porte-avions. Et il est douteux que l’étude du Varyag soit suffisant pour pallier ce problème.  Il ne serait donc guère étonnant qu’un programme aussi ambitieux rencontre des retards et des difficultés. Et il faut bien évidemment rappeler qu’il ne suffit pas d’avoir une coque pour avoir un groupe aéronavale opérationnel, la marine chinoise n’ayant pas d’expérience dans ce domaine. L’horizon de 2020 reste donc raisonnable.

Un tel programme s’inscrit bien évidemment dans le  contexte du développement rapide de la marine chinoise ces 20 dernières années. Il représente toutefois une rupture; il était en effet largement admis que la priorité de la marine chinoise était durant les années 90 de se doter des moyens de reprendre Taïwan par la force si nécessaire.Selon les experts, une telle capacité devrait être définitivement acquise d’ici les années 2015-2020. L’un des grands obstacles étant par exemples le manque de navires amphibies. Une invasion de Taïwan nécessite de dominer l’espace aérien et maritime autour de l’île et d’empêcher l’US navy d’intervenir grâce à des stratégies asymétriques. Un portes-avion dont les chances de survie au combat semblent limité face aux capacités de reconnaissances et d’attaques de l’US navy ne paraît pas rentrer dans cette stratégie.

Il est donc possible de penser comme Galrahn que cette décision s’inscrit dans un autre contexte, après avoir sécuriser ses abords, le gouvernemnt chinois souhaite s’aventurer au grand large. Notamment pour sécuriser les voies d’approvisionements énergetiques dans l’ocean indien contre d’éventuelles interferances. D’autant plus nécéssaire, qu’un rivale tout aussi ambitieux est placé en plein coeur de cette artère vitale: l’Inde.Mais il s’agit aussi sans doute transformer la Chine en véritable puissance mondiale grâce à cet outil hors du commun qu’est le porte-avions.

3 commentaires sur « 2015: l’année du porte-avion Chinois »

  1. La nouvelle avait été annoncée le 23 décembre à Beijing :
    « La Chine considérera sérieusement la construction d’un porte-avions.
    Huang Xueping, porte-parole du ministère chinois de la Défense nationale :
    « Les porte-avions sont un reflet de la force générale d’une nation et doivent répondre aux besoins de la marine du pays.
    La Chine possède un long littoral, et la sauvegarde de la sécurité maritime du pays et de la souveraineté des régions côtières et des mers territoriales relève du devoir sacré des forces armées de Chine. »
    http://www.french.xinhuanet.com/french/2008-12/23/content_784829.htm

    Pour les délais et la capacité, je ne sais pas pourquoi, mais je ne serais pas si catégorique sur l’affirmation de l’inexpérience et des retards attendus…

    Pour Taïwan, il semble qu’une autre stratégie soit mise en oeuvre, au vu de ces deux derniers articles :
    1) Les pandas offerts par la partie continentale de Chine à Taiwan s’adaptent aux bambous locaux
    http://www.french.xinhuanet.com/french/2009-01/03/content_791008.htm
    et 2)
    Début des services de transport direct entre la partie continentale de Chine et Taiwan
    http://www.french.xinhuanet.com/french/2008-12/15/content_779773.htm

    à suivre donc.

  2. @Clarisse:
    Pour Taïwan, la Chine poursuit deux stratégies depuis longtemps. La première est bien évidemment le resserrement progressif des liens entre les deux rives, avec deux résultat de son point de vue: le PCC force Taipei à rester discret pour ne pas perturber un rapprochement jugé important pour l’économie taïwanaise, à terme peut être rendre la réunification inévitable et évidente( sur quoi le PCC pourrait peut être se faire des illusions).
    La deuxième c’est évidemment l’invasion si Taïwan décidait de remettre en cause le statu quo ou si le PCC jugeait qu’il n’avait d’autre choix pour maintenir son pouvoir.

    Les deux stratégies n’ont jusqu’ici rien d’incompatible. Taïwan n’a pas posé par exemple de de conditions préalables aux discussions comme le retrait du milliers de missiles déployés en face.

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