La Chine, cette nation si pacifique…
Aujourd’hui, colloque à Lille, un éminent personnage (vraiment éminent ce n’est pas une figure de style) commente le difficile problème des relations avec la Chine avec une formule choc: “La Chine est une nation pacifique depuis 6 000 ans”. Arf, vous allez dire, cela arrive toujours de temps en temps, personne n’est parfait. On en conviendra mais quelques mois plutôt un autre personnage éminent (nettement moins tout de même) sortait une formule similaire sur le pacifisme supposé de la Chine. Et ce n’est certainement pas la première fois ni hélas la dernière fois qu’on aura l’occasion d’entendre de si belles histoires sur la sagesse millénaire de la Chine et son inébranlable pacifisme (insérer une longue liste de cliché ci-après). Il n’a qu’un seul petit problème, la formule est dépourvue de sens.
L’espace culturel Chinois est très anciens c’est incontestable mais son histoire n’est certainement pas pacifique. Le premier empire chinois au sens où nous l’entendons est né dans la violence à la fin du IIIème siècle et était déjà précédé par trois siècles de guerre entre plusieurs Etats dynastiques, la dernière phase de cette époque, celle des Royaumes Combattants, fut marquée par des guerres de plus en plus violentes impliquant une mobilisation toujours plus poussée des ressources étatiques. Elle nous a donc laissé en héritage Sun Tzu, une première tentative de rationaliser la guerre, et la philosophie des légistes tel que Han Fei alliant cynisme “machiavelien” et dévotion total à l’Etat (si un spécialiste de la pensée chinoise est dans les parages il est autorisé à hurler de rage). C’est dire si la période est pacifique.
A partir de 221, commence donc l’histoire chinoise tel que nous la connaissons (on passera sur les débuts de la dynastie Qin et l’extermination de toute forme de vie intellectuelle), celle d’une succession d’empire s’étendant plus ou moins loin à l’est sur les territoires nomades. Qui dit nomade et sédentaire, dit guerre et il en fut souvent question quand l’empire chinois du jour n’avait pas explosé sous la pressions des divisions internes ou les invasions nomades ou les deux à la fois. On accélère, nous arrivons à une période plus récente. La République populaire de Chine n’hérite pas des frontières d’une Etat-nation mais d’un empire. Cet empire c’est celui de la dynastie Qing, des nomades qui donneront à leur nom à leur région d’origine: la Mandchourie. A partir de leur conquête de la Chine au XVIIème; les empereurs Qing vont donner à l’empire le plus grande étendu de son histoire. Il inclue en plus de la Chine des 18 provinces un morceau d’Asie centrale: le Xinjiang, la Mongolie (aujourd’hui divisé entre Mongolie intérieure et la Mongolie extérieur indépendante) et par des voies indirectes le Tibet (qui a un statut particulier et ambigüe).
Les frontières actuelles de la Chine sont donc le fruit d’un impérialisme qui était tout sauf non-violent. En la matière le XIXème sera particulièrement riche pour des raisons qui finalement n’ont pas énormément avoir avec les humiliations infligées par les européens. Le nombre de morts provoqués par la révolte des Taiping, qui n’a que peu de chose avoir avec les européens, écrase de très loin les chiffres des plus grands conflits européens du siècle. Reste qu’évidemment, à l’époque des impérialismes européens et japonais (de 1840 à 1945), l’empire Chinois fait figure de victime et l’étranger sera un bouc-émissaire commode pour les calamités qui tombent sur la dynastie des Qing et ses (plus ou moins loyaux) sujets.
Mais tout cela c’est de l’histoire ancienne, la Chine moderne, celle de 1949, n’est-elle pas un modèle de pacifisme et de résistance à l’impérialisme comme le disait Mao Zedong? Ne dénonce-t-elle pas inlassablement la persistance de la mentalité de guerre froide? Sans aucun doute, mais le discours semble faiblement corrélé au fait. Depuis 1949, la République Populaire de Chine a été très active sur le plan militaire. En 1950, la RPC s’engage pour des raisons défensives, empêcher que les américains s’installent à la frontière chinoise, dans la guerre de Corée déclenché par ses alliés communistes. Dix ans plus tard, en 1962, c’est une guerre à l’initiative chinoise contre l’Inde. C’est le tour du Vietnam de passer à la casserole en 1979 là encore à l’initiative chinoise. N’oublions pas les incidents militaires plus ou moins graves à la fin des années 60 à la frontière soviétique (incident de l’Oussouri).
Il ne s’agit pas de dire que la République Populaire de Chine est impérialiste ni même qu’elle représente une menace. Ce n’est pas le propos. Mais il absurde de baser une discussion sur l’avenir des relations entre l’Europe et le gouvernement de la République populaire de Chine sur une pétition de principe selon laquelle la Chine est une “grande nation pacifique”. La RPC est un État ni plus ni moins agressif que les autres qui a des intérêts et les défendra avec des forces militaires si nécessaires. Avoir des illusions là-dessus relève plus du café du commerce qu’autre chose (à moins que vous soyez un ex-maoïste de l’association des amitiés franco-chinoise dans ce cas-là c’est encore autre problème).
Lectures du jour
Si par hasard vous mettez la main sur le DSI de Novembre 2009 , ce qui est tout de même par principe fortement recommandé, lisez l’article du capitaine de corvette Olivier Buard. Il s’agit d’une analyse de la célèbre bataille de Qadesh qui opposa les égyptiens au hittites. Dans le genre “rien de nouveau sous le soleil”, c’est un article merveilleux. Avec pour conclusion: “les réponses aux problèmes stratégiques actuels et futurs ne sont pas à inventer, mais simplement à retrouver”. Le future est écrit dans le passé.
Autre article tout à fait intéressant sur les voies maritimes arctiques dans le numéro de novembre-décembre 2009 de Diplomatie. Il donne un aperçue plus réaliste de l’avenir du mythique passage du nord-ouest qui en fait ne sera pas si facile que ça à utiliser.
L’Occident?
Voilà ce qui arrive quand il est tard et que le cerveau commence à divaguer.
La question de l’Occident, de son existence, de sa définition, de son impact géopolitique est un problème qui reviens fréquemment dans le débat politique contemporain. Elle n’est pas près de disparaître tant elle touche au cœur de ce qui fait notre identité et notre vision du monde. Parlez de l’Occident, c’est parler de nous mêmes et notre rapport au monde extérieur. Yves Cadiou, résident quasi-permanent du blog Théâtre des opérations (pour notre plus grand bonheur) est revenu sur le problème récemment. Sa conclusion, le terme est dépourvue de signification et s’il désigne un réalité alors il faut lui trouver une nouvelle étiquette.
Alors que veut-on dire par Occident? Bien des choses, quand on sait que certains observateurs incluent dans la catégorie ” Occident” des pays comme le Japon, on comprend beaucoup de question se pose. Pour certains, l’Occident ce sont des valeurs et des principes qui régissent une entité politique (démocratie, économie de marché, etc), ainsi on peut inclure le Japon et l’Australie sans grande difficulté dans cette catégorie. Le premier malgré son histoire et culture très différente du lieu de naissance du concept “Occident”, le second malgré son éloignement géographie du lieu en question. C’est une définition très large du concept qui n’est alors qu’un mot-valise pour signifier “démocratie”,” économie de marché”, “habeas corpus”. Une telle définition semble au fond assez proche d’une vision américaine, plutôt néoconservatrice, d’un OTAN global réunissant tout les démocraties du mondes en lutte contre la tyranie. Et on voit que définition du concept et jugement normatif sont fortement lié. En effet la le concept “Occident” suppose une solidarité entre les membres de la catégorie. Et selon que vous élargissiez plus ou moins le cercle de solidarité ou que vous niez son existence(donc niez l’existence de l’occident), vous aurez une vision de l’action politique internationale différente. C’est ce qui fait le poids politique et idéologique du terme, car si nous sommes membre de “Occident”, alors nous partageons une même identité, nous sommes frères et donc nécessairement solidaire. Dans le discours politique contemporain, plus qu’une réalité objective, l’ “Occident” est un programme politique. Mais un programme dont le contenu varie selon la définition du terme que vous choisissez.
Voilà donc une première définition possible. Elle n’est pas fausse, en fait elle ne peut pas être fausse. Certains acteurs ont effectivement adopté cette définition. Mais à un niveau plus profond, elle renvoie à une autre définition de l’Occident. Car la démocratie, les droits de l’homme et le marché ne sont pas nés dans le vide. Ces objets sont le produits d’une histoire. C’est cette histoire qu’il conviens de faire pour saisir une autre dimension de “l’Occident”.
Au commencement était la Grèce. C’est là que l’idée de démocratie est né, le peuple de la cité décidait lui même de son destin. Le grecque s’est défini par rappor à l’Asie. Les auteurs antiques distinguait volontiers les grecques farouchement indépendants des barbares orientaux. L’Asie est la terre du despotisme, de la luxure et de la folie. Pour les Anciens, le monde est hellénistique est au contraire le monde des valeurs viriles, de la liberté et aussi de la Raison. C’est chez les grecques que l’arme suprême des idéaux démocratiques est nés, la Raison. Alors l’Occident c’est les grecques? Non, il manque quelque chose.
La deuxième grande étape, c’est Rome et son empire. C’est là qu’est né le droit, condition indispensable pour avoir l’idée même de droit de l’homme. C’est par Rome que se transmet le vocabulaire politique qui va structurer jusqu’à aujourd’hui la pensée européenne. Mais l’antiquité gréco-romaine, est ce l’occident? Non, non pas encore.
Il faut un dernier élément, c’est le Christianisme. Il ne s’agit pas ici de faire l’histoire des interactions fort compliqués entre le christianisme et la pensée politique jusqu’à nos jours. On va s’en servir d’une autre manière. En effet, à partir de la naissance du Christianisme va se définir un nouvel espace: la chrétienté. Au sein de la chrétienté, tous auront la conscience d’appartenir à un même groupe, une même communauté. Il n’y a pas de barbare entre chrétiens. Cette communauté s’étend sur un espace fluctuant: l’Europe. C’est au sein de cette chrétienté que part des chemins compliqués et obscures (n’excluant pas des passages par l’Islam) l’héritage greco-romain va faire son chemin et imprimer sa marque.
Et c’est alors que viens la grande rupture. Ou commence t’elle? Allez savoir, mais elle est là au XVIeme siècle. Ce que nous connaissons sous le nom d’Occident est né. La science et la pensé politique évolue, des idées nouvelles apparaissent, des nouvelles manières d’échanger et de produire. Les horizons s’élargissent et la chrétienté deviens Europe et étend son influence et ses idée sur le globe. Sa culture posera les pieds en Amérique, en Océanie, en Afrique et ailleurs. Alors, l’Occident, c’est ça? Une culture faite de divers strates historiques? En tout cas, c’est aussi comme cela qu’on peut le comprendre. Alors l’Occident s’étend sur les deux rives de l’Atlantique et dans quelques zones périphériques(Australie). En gros nous affaires un groupe partageant un ensemble de codes culturels et se reconnaissant dans une histoire commune. C’est aussi un programme politique mais réduis à l’espace Atlantique et ses préoccupations.
Quelque chose fait tiquer. A partir du XVIeme siècle commence ce que les historiens appellent par convention “les temps modernes”. Moderne…C’est là qu’on découvre un problème. Car dans ce récit, l’Occident est inséparable de la modernité. Comme l’aventure d’Atatürk le montre, on a souvent confondu les deux. La modernité passe par l’occidentalisation. On a bien du mal à faire la différence entre ce qui relève de l’inévitable sous-produit d’une transformation socioale(la modernité) et la part de culture (la contingence). Certains pensent que le Japon est la preuve qu’occidentalisation et modernisation ne sont pas la même chose. Mais d’autres diraient qu’au contraire, le Japon s’est occidentalisé. Et c’est alors que nous revenons sur notre première défintion. Est occidental ce qui est démocratique, capitaliste et individualiste (respect des droits de l’homme), c’est à dire moderne.
Viens alors l’idée de balancer le concept par dessus bord. Il n’y a pas d’occident, pas de solidarité atlantique (en tout cas justifié par une communauté de civilisation) mais une avant garde de la modernité que le reste du monde doit rejoindre. Le Japon, l’Europe et les Etats-Unis participent à cet avenir universel et ils ont même le devoir de faciliter sa progression. Et l’on en viens à l’impérialisme des droits de l’homme, mais ça c’est encore une autre histoire…
La guerre de Sécession et la reconstruction
Via Open Yale, la guerre de Sécession et la reconstruction par David Blight en 27 cours.
The Coming China
Via granit studio, la Chine traverse aujourd’hui une période marqué par des changements spectaculaire et radicaux. Pourtant les questions auquel les observateurs essayent aujourd’hui de répondre, sur le développement, la démocratie ou la guerre n’ont rien de nouveau. Et en fait, les réponses pouvaient être tout à fait similaire.
L’auteur du blog Mutant Palm a exploré les archives du New-York Times, au hasard de ses pérégrination, il a fait quelques découvertes tout à fait intéressantes. Notamment une critique de livre datant de 1911, c’est à dire l’année de la révolution puis de l’avènement de la république. Le titre est si familier qu”il pourrait être écrit aujourd’hui The Coming China. L’une des thèses de l’ouvrage, en fait la seul dont l’auteur semble être certain, se résume ainsi: l’ignorance de la population chinoise est telle qu’une démocratie est, en l’état, impossible. La thèse est discutable et elle l’a été mais peu importe. Car ce livre est l’occasion d’une critique qui fait resurgir des thèmes que le lecteur du XXIème siècle connait bien.
Le paragraphe finale pourrait être écrit aujourd’hui, pas un mot, pas une virgule ne changerait, la problématique reste là même:
Have the other nations, and, in particular, our own country, anything to fear from that coming China? he asks, and gives in reply a decided no. “If,” he says, “there are to be railways, inland navigation, post offices, factories, and all the concommitant of advanced life, the blessings must be paid for; the standards of living must be raised, so that the dreaded competition either disappears entirely or fades away into a dim future, when China has raised herself at home quite up to our standard.”
Les autres nations, et en particulier la notre ont-elles quoique ce soit à craindre de la Chine à venir? demande t’il et il donne comme réponse un nom définitif.”Si il doit y avoir des chemins de fer, des communications fluviales, et toute les corollaires d’un mode de vie avancé, ces bienfaits doivent être payés; le niveau de vie doit s’élever, de sorte que la compétition tant crainte soit disparait complètement ou s’efface dans un future lointain quand la Chine aura bien progressé vers notre niveau.”
Taiwan, la périphérie de l’empire

Note:L’utilisation des termes Taïwan ou République de Chine ne signifie en aucun cas que l’auteur prend position sur la nature politique et culturelle de l’entité en question.
Depuis le 4 juillet, il existe une liaison aérienne direct entre la Chine et Taïwan. Auparavant tout vol d’origine chinoise vers Taiwan devait faire escale(largement symbolique, un simple touch down) soit à Hong-Kong soit à Macao. C’est l’un de multiples indicateurs d’un réchauffement des relations entre les deux rives du détroit séparées par les glaces de la confrontation est-ouest depuis 1949.
Pourtant bien des incertitudes subsistent, avant de revenir à aujourd’hui passons par l’histoire.
Que Taïwan aujourd’hui ne soit toujours pas sous le contrôle du gouvernement de Pékin peut paraître une étrange anomalie qui avec la conversion au capitalisme du continent ne devrait plus avoir lieu d’être. Un bref regard vers le passé montre qu’en réalité ces périodes d’éloignement sont loin d’être une exception.
L’inclusion de Taïwan dans le monde chinoise est un évènement relativement récent. Originairement peuplé de populations aborigènes( peuples de l’Océanie), les premières vagues d’immigrations chinoises dates du XIeme siècle avec les Hakkas. A cette époque, il n’existe aucune autorité impériale sur ce territoire difficile d’accès à cause des eaux turbulentes du détroits. Tant et si bien, qu’au XVIeme siècle les colonisateurs européens s’installent, portugais d’abord puis surtout hollandais pendant une cinquantaine d’années. Cette à cette époque qu’interviens la seconde vague d’immigration chinoise. Pour exploiter leur colonie, les hollandais fond venir du Fujian des travailleur chinois, ils deviendront les minanais. C’est ce dialecte qui prédomine aujourd’hui à Taïwan.
C’est seulement en 1662 que Taïwan fait son entrée dans l’orbite de l’empire mais d’une manière indirecte. Un général chinois connu sous le nom de Koxinga chasse les hollandais et s’installe. Il prétend à partir de Taïwan restaurer la dynastie Ming tombée sous les coups des mandchous. Il est finalement battu par les armées de la nouvelle dynastie mandchou, les Qing, en 1683. Pékin administre alors directement l’île en tant que préfecture de la province du Fujian.Taïwan ne deviens une province qu’en 1885. Pour bien peu de temps.
En effet, à la suite de la première guerre sino-japonaise, le traité de Shimonoseki signé en 1895 cède Taïwan au Japon. Période ambivalente pour les taïwanais, c’est pendant celle-ci que démarre le développement économique(chemins de fer, embryon d’industrie, etc) de l’île mais aussi une tentative d’acculturation par l’intermédiaire de l’éducation. La colonisation japonaise va marqué profondément le pays pendant les 60 années suivantes.
Finalement, le Japon abandonne Taïwan et la suite est connue. Le KMT prend le contrôle à Taïwan et écrase les oppositions locales à l’occasion des massacres du 28 février 1947(wikipedia, neutralité disputée). Puis défait par les communistes s’installent et 2 millions de réfugiés passent le détroit. C’est le début de près d’un demi-siècle de domination du parti unique, le KMT. Chiang Kai-shek gouvernera le pays en maintenant l’espoir de la reconquête, et la République de Chine subi progressivement un isolement diplomatique.
A partir des années 80 commencent un phase de libéralisation marqué à l’instar de la Corée du Sud par d’important mouvement de contestation et de revendications des droits de l’homme, à partir duquel émerge le parti d’opposition DPP, qui aboutisse durant les années 90 à une démocratisation complète.
Taiwan a donc une place particulière dans l’univers chinois, à la croisé des mondes: Chine, Japon, Occident…
La réunification est possible mais d’autre voies sont ouvertes selon les évolutions de ou des identités des habitants. D’où l’importance des mouvements politiques actuelles. Comme un autre jeune démocratie asiatique, la Corée du sud, Taïwan est le théâtre de mouvements politiques spectaculaires(manifestation à répétition, choc avec les forces de l’ordre, etc). Mais au-delà de ce qui semble être la marque d’une culture politique, il indéniable qu’il existe un conflit profond. Aujourd’hui, deux partis politiques s’affrontent:
- Le DPP issu des mouvements pro-démocratiques des années 70/80 avec une perspective indépendantiste(pour ne pas dire nationaliste), ses partisans sont les verts.
- Le KMT, l’ancien parti unique aujourd’hui converti à démocratie avec une perspective chinoise, ce sont les bleus.
Si le KMT a une une certaine réputation de corruption dans les années de développement économique, il semblerait aujourd’hui que le DPP n’aie plus grand chose à lui envier dans ce domaine.
Quoiqu’il en soit le pouvoir semble aujourd’hui voué à aller et venir entre ces deux partis dominants éventuellement accompagnés d’autres petits partis. L’électorat est en général divisé de manière un peu près égale aux élections présidentielles comme dans beaucoup de pays démocratiques.
C’est aujourd’hui le KMT qui domine largement avec à la fois une très large majorité au yuan législatif et un président de la république affilié au KMT, Ma Ying-yeou. Une explication pour cette large domination est la lassitude de l’électorat après 8 années de domination du DPP. Ce dernier avec son président Chen Shui-bian ne s’est pas montré capable d’améliorer une situation économique dégradée depuis plusieurs années. Les promesses nationalistes ont manifestement échoué à mobiliser l’électorat plus pragmatique.
En revanche, les promesses du KMT d’une pacification des relations avec la Chine et donc d’un resserrement des liens économiques avec le continent, déjà important avec plus de 100 milliards de dollars d’investissements taïwanais, a plus séduit.
Malheureusement la lune de miel risque d’être de courte durée. En effet les enquêtes de corruption sur le DPP se sont brusquement accélérées avec l’incarcération de l’ancien président et une intervention très visible du KMT dans le processus judiciaire (remplacement de juge…). D’autant plus que les investigation sur les affaires du KMT n’ont pas particulièrement accéléré. Il y a donc un risque que le KMT subisse un retour de bâton.(article asia times)
Ce n’est pas d’ailleurs le seul sujet de polémique, la manière peu transparente avec laquelle est gérés les négociations avec le Chine Populaire avivant les craintes de l’opposition verte.
Les citoyens sont donc divisés sur l’avenir de la République de Chine les seuls points de consensus semblent être le maintiens du statu quo et la préservation des institutions démocratiques.
Fortuna et Pearl Harbour
Dans le numéro de Juillet 1948, the Atlantic Monthly publiait un article sur la catastrophe qui frappa les États-Unis le 7 décembre 1941. Son auteur Sherman Miles était le chef du renseignement militaire à l’époque du désastre.

Grâce à cette position il était donc particulièrement bien placé pour savoir ce que les services de renseignements savaient et comment les autorités politiques et militaires utilisaient le produit de ses services.Il faudrait sans doute pour être rigoureux faire une comparaison détaillé des faits avec l’excellent Eagle Against the Sun de Ronald H Spector.
Toutefois, on peut déjà faire des observations très intéressantes. D’abord, s’il est tout à fait exact que les services de renseignements ont échouer à prédire l’attaque, la question de savoir si c’était seulement possible de la prévoir n’a rien d’évident.Il est toujours facile d’interpréter après coup des renseignements parcellaires et ambiguës.Même le fameux “magic”, c’est à dire le décodage des codes japonais par les américains ne fournissaient jamais que des renseignements flou laissant la porte ouverte à de multiples interprétations. Ce qui était vraie hier est sans doute encore plus vraie aujourd’hui où la multiplication des moyens de collectes ne va pas nécessairement de pair avec une meilleur compréhension.Cette constations doit nous garder contre les illusions du renseignement.L’information n’est pas la connaissance, le renseignement est un art difficile et certainement pas une boule de cristal susceptible de donner les clefs de l’avenir.
Une autre constations est la permanence des rivalités inter-service et des difficultés de communication.C’était particulièrement le cas en 1941, on partout dans le monde on était bien loin de penser de manière inter-armée. Cinquante plus tard, ce problème est toujours là, dans l’échec du 11 septembre 2001, l’ éclatement du système de renseignement américains avec ces agences rivales et surtout avec des missions différentes est une variable fondamentale.

Enfin, last but not least, la chance.Un bon général est chanceux. Et comme le montre bien Sherman Miles, ce jour là, fortuna s’est acharné sur les vaincus avec une persistance rare.
23 Juin 217 av JC: La bataille de Raphia
Après avoir suivie les affaires grecs, la deuxième partie de l’histoire politique du monde hellénistique reviens sur les affaires d’Asie et notamment la Coele-Syrie, territoire disputé entre les empires lagides et séleucides depuis un siècle.
La bataille de Raphia aussi connu sous le nom de bataille de Gaza est le choc décisif qui fit tourner à la faveur de l’Egypte la quatrième guerre de Syrie.L’armée égyptienne commandé par le jeune Ptolémé IV Philopator arrête l’armée Seleucide d’Antiochos III au porte du royaume.C’est à cette occasion que pour la première fois sera utilisé par la dynastie lagide des soldats indigènes.
Pour comprendre l’affaire, il faut remonter à la jeunesse d’Antiochos III dans les années 220.Encore inexpérimenté et influençable, il se laissa convaincre pas son puissant conseiller, Hermias, de lancer une campagne en Syrie.En effet, les conditions étaient supposées favorables pour réaliser l’obsession séleucide de conquérir la Syrie.Cette campagne lancé en 221 se heurta aux solides défenses égyptiennes mises en place par Ptolémé III Evergète au Liban et se solda très vite par un échec complet.La guerre fut donc abandonné et l’affaire resta sans suite car Antiochos III faisait face à plusieurs rebellions.
L’affaire repris en 219, Ptolémé IV règne depuis 221 et il est dominé par les personnalités encombrantes et très impopulaires que sont ses deux conseillers, Agathocle et Sôsibios.Le moment paraissant favorable, Antiochos III, débarassé d’Hermias, décide de reprendre le combat.Il rencontre au début un grand succès, facilité par la trahison du commandant qui l’avait défait en 221.Celui-ci, un mercenaire étolien du nom de Théodote, s’estimait mal récompensé par le souverain lagide pour ses efforts.C’est ainsi qu’a l’hiver 219, l’armée séleucide a bien avancé et Antiochos accepte de négocier convaincu que l’issue lui sera favorable.Une trève de quatre mois est proclamée.
Ces quatre mois seront mis à profit par Sôsibios pour reconstituer l’armée égyptienne dont une bonne partie a été perdu en Syrie.Celle-ci comprendra entre autre 20 000 indigènes équipés en hoplites sur un total de 75 000, fait tout à fait révolutionnaire qui s’explique par l’urgence de la situation.Mais cette décision sera lourde de conséquences pour l’avenir, à partir de cette époque les troubles indigènes seront endémiques.
En 218, Antiochos III achève la conquête de la Coelé-Syrie à l’exception de quelque place mais l’armée égyptienne n’a pas encore été engagé.L’année 217 sera décisive.A la belle saison, l’armée égyptienne sort au devant de l’armée séleucide.La rencontre a lieu à Raphia à la frontière de l’Egypte et de la Palestine.Après un début prometteur pour Antiochos, la bataille se termina en désastre pour le séleucide.Le Basileus se retira rapidement vers Antioche pendant que Ptolémé IV recuperait son ancien domaine syrien à l’exception de Seleucie de piérie.L’Egypte ne poussa pas son avantage et une armistice mis fin à la guerre.
Cette victoire accorda un répis à l’Egypte pour quelques années, mais jamais Antiochos ne renonça à son projet.
Sparte et Cléomène III
Nous voilà arrivé à la guerre “cléoménique”, p 371 de l’Histoire politique du monde hellénistique.
C’est en 235 que Cléomène III succède à son père, Leonidas, son ambition:dominer le Péloponnèse et restaurer la gloire de Sparte.
Son père, chef du partie des conservateurs, avait vaincu les réformistes ou révolutionnaires qui désiraient des réformes et un partage des terres, ce dont les oligarques ne voulaient à aucun prix.L’ironie voulu que le fils épousa les idées révolutionnaires que son père avait tant cherché à détruire et assit son pouvoir sur les cadavres des oligarques que son père représentait.
D’après la tradition, c’est la femme d’Agis IV, le roi déchu et exécuté qui avait tenté des réformes, ensuite épouse de Cléomène et d’une grande beauté qui le convainquît de la nécessité d’agir.Pourtant dans les années de conflits qui suivirent, il ne fit pas preuve d’un zèle particulier pour étendre les réformes au reste de la Grèce.Peut être était il plus simplement convaincu de la nécessité de réformer les institutions de Sparte pour restaurer sa puissance.
Après quelque succès militaires contre la Ligue achéenne notamment à Mégalopolis, c’est en 227 que Cléomène passe à l’action à Sparte:les éphores furent exécutés et 80 opposants bannis.La réforme agraire qui divisa les grands domaines permis de porter le nombre de citoyens(et donc de soldats) à 4000.Les anciennes coutumes guerrières furent restaurer et l’utilisation de la sarissa macédonienne généralisée.Ainsi, Cléomène III était près pour la lutte qui allait l’opposer à la ligue achéenne et son chef Aratos.
L’année 225 fut l’année noire pour la ligue achéenne qui perdu les gains que pendant 20 ans une politique intelligente lui avait permis d’obtenir.Cléomène va même jusqu’à s’emparer de Corinthe et Argos.Face à ces revers et désireux de mettre fin à son isolement, la ligue se résolu à demander l’alliance d’Antigonos Dôsôn, roi de Macédoine.La ligue étolienne et Athènes ne bougeront pas.
Antigonos accepte cette occasion de reprendre le contrôle de Corinthe à l’invitation de ceux qui précisément lui avait ravis quelques années plutôt.Les armées de Macédoine apparaissent dans la zone du conflit en mai 224 et remportent rapidement des succès grâce à la révolte d’Argos qui prend ainsi Cléomène à revers.Corinthe tombe aux mains des macédoniens et Cléomène se retire à Sparte.Les opérations connaissent alors une courte pose.
Pendant l’hiver 224/223, Antigonos et la ligue achéenne créent l’alliance hellénique, sorte de fédération des fédérations de cités, auquel adhèrent les cités de l’Epire ainsi que des cités tributaires du royaume de Macédoine.L’ensemble permet à Antigonos de renforcer son influence tout en préservant relativement l’autonomie des cités grecs.
Mais Cléomène est loin d’avoir dit son dernier mot.Après avoir laissé les armées coalisées pénétrer dans l’Arcadie (le Péloponnèse central) en 223, Sparte riposte en rasant Mégalopolis et pendant l’hiver 223/222 alors que les armées macédoniennes hivernent, l’Argolide est ravagé.
Mais en 222, Antigonos progresse vers Sparte avec une armée de 30 000 hommes contre les 20 000 hommes de Cléomène.Ce dernier est vaincu à Sellasie et s’enfui en Egypte.Sparte vaincu fut traité sans grande brutalité mais est contraint d’accepter un épistate macédonien ainsi qu’une garnison et deviens de fait sujet du Roi de Macédoine.On ne sait pas clairement ce qu’il advint des réformes sociales de Cléomène III.A la suite de ce conflit, la ligue achéenne restaura ses positions et les étendit un peu.
Les romains en grèce
Voilà, après 355 pages de lecture de “Histoire politique du monde hellénistique” , les romains entrent en scène.On est en 229 avant JC, les illyriens sèment la terreur dans l’Adriatique.Par quel circonstances on en est arrivé là est assez compliqué.
En 233, la monarchie épirote s’éteint et les cités du royaume se rassemblent en une fédération.Les illyriens profitent alors du vide de puissance à l’est de la Grèce depuis la disparition de royaume de l’Epire.Ils reprennent certains territoires perdus et en annexent d’autres et s’adonnent à la piraterie dans l’Adriatique.Ce n’est pas la peine de faire tout le détail des circonstances qui mènent à l’intervention romaine.On se contentera de dire que le loup illyrien est entré dans la bergerie grec à la demande du Roi de Macédoine, Démetrios II, qui voyait un avantage certain à lancer les illyriens contre la redoutable Ligue étolienne qui a l’époque faisait de l’ombre à l’influence Macédonienne en Grèce central.
Ce fut de ce point de vue là , un succès certain.Les illyriens l’emportent si bien que les cités de l’Epire signèrent une alliance avec eux en échange de cessions de territoires.L’Acarnanie se joignit à cette alliance faisant ainsi des illyriens les maîtres des côtes grecques jusqu’au golfe de Corinthe.
Les marchands italiens souffrant de la piraterie illyrienne dans l’Adriatique firent alors appel à Rome.Celle-ci envoya une ambassade mais l’un des ambassadeurs fut tué dans des circonstances obscures.Les romains ont donc un prétexte parfait pour se lancer dans une guerre qui répond à tout les critères du jus ad bellum.
Après une rapide campagne, les romains imposèrent aux illyriens un traité dans lequel ces derniers s’engageaient à ne jamais envoyer de navires plus bas que la latitude de Lissos protégeant ainsi le commerce dans l’Adriatique méridionale. Ils gardèrent aussi une petite bande de territoire au nord de Corcyre et mirent sous leur protection certaines cités grecs de la région( Corcyre, Epidamme, Apollonie).Le lien juridique entre Rome et ces cités reste toutefois relativement ambiguë.
La première intervention romaine dans les affaires grecs est terminé.Quelques ambassades seront envoyées en Grèce mais elle ne semble pas avoir eu des résultats notables et rien n’indique que le Sénat aie attendu quoique ce soit.



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