Le projet de Jomini

octobre 1, 2009

  De pareils évènement  prouvent mieux que tous les raisonnements du monde qu’aucun système d’opérations n’est bon que lorsqu’il offre l’application des principes. Je n’ai point la prétention de croire que j’ai crée ces principes, puisqu’ils ont existé de tous temps; que l César, Scipion et le consul Néron  les ont  appliqué aussi bien que Malborough et Eugène, pour ne pas dire mieux. Mais je crois les avoir démontrés le premier, avec les principales chances de leur application, dans un ouvrage où les préceptes émanent des preuves elles-mêmes, et où l’application se trouve constamment à la portée des lecteurs militaires. La forme  dogmatique aurait mieux convenu aux professeurs, j’en conviens, mais je doute qu’elle eût été aussi claire et aussi fortement démonstrative pour les jeunes officiers, que la forme  historique adoptée dans mon Traité des grandes opérations militaires.”

Jomini, Précis de l’Art de la guerre

La maladie Afghane

septembre 22, 2009

Lorsqu’on suit de temps en temps les aventures et mésaventures des armées de l’OTAN en Afghanistan, un certain malaise peut parfois apparaître. Depuis combien de temps au juste entend-on parler des “Cœurs et des esprits”? depuis combien de temps entendons-nous parler d’actions civilo-militaires? Depuis combien de temps entendons-nous parler de la corruption et du trafique de drogue. Un observateur tombé dans le comma en 2006 pourrait se réveiller en 2009 et ne se rendre compte de rien.  Pourquoi? Réponse:

There was a sense among General McChrystal’s staff that the military effort in Afghanistan was disjointed and had not learned from the lessons of the past years of the war.

“We haven’t been fighting in Afghanistan for eight years,” said one officer. “We’ve been fighting in Afghanistan for one year, eight times in a row.”

“Nous nous sommes pas battus en Afghanistan pendant 8 ans” a dit un officier. “ Nous nous sommes battus en Afghanistan 1 ans, 8 fois de suites”.

Ce qui rejoins le propos d’Antonio Guistozzi dans son livre “Koran, Kalashnikov, and Laptop”, une stratégie qui change tout les six mois n’est pas une stratégie. Reste à savoir si cela va vraiment changer et s’il n’est pas déjà trop tard…

Le Washington Post a un intéressant article sur un prochain redéploiement des forces américaines sur le théâtre afghan. Ce changement s’inscrit apparemment dans la nouvelle stratégie suivit par le général McChrystal. L’objectif est d’abandonner les zones trop reculés où la présence américaine a peu de chance de produire de grand résultat faute de concentration suffisante de l’effort et des les envoyer dans les zones à plus fortes densités humaines . L’exemple choisi est le Nouristan, région isolé du nord-ouest de l’Afghanistan. Cette une région difficile d’accès où la population locale s’est fort bien contenté pendant des années d’une présence minimal du gouvernement central, aussi bien aujourd’hui qu’à l’époque des taliban. Il est difficile de concevoir plus reculé, c’est pourquoi si le Nuristan a une valeur d’idéal-type, il est tout de même peu probable que les choix soient aussi évidents et faciles à faire dans le reste du pays.

Nuristan

Archive INA: vidéo (il faut payer pour avoir l’intégralité)

Quelques photos du Nuristan de l’US Army sur Flickr

Un G2 sans avenir

septembre 20, 2009

Le monde est-il destiné à devenir  un condominium sino-américain? Par pour l’instant en tout cas….

 

The incompatibility of values and political systems lies close to the heart of this strategic mistrust. Despite the many reforms introduced over the past 30 years, the PRC remains a one-party state run by a self-selected leadership that will brook no challenge to its authority. The gradual tightening of controls over free expression during the past several years makes it clear that China is not evolving as many had hoped; greater introduction of market mechanisms, exposure to the outside world, and the emergence of a middle class are not leading visibly to a more liberal political system. If anything, the trend has been the opposite. The stronger China has appeared to become, the more its leaders have repressed challenges, and felt comfortable rebuffing criticism from the outside. Although Obama referred to differences in their mutual approach to human right in his opening remarks, the virtual absence of serious discussion of the issue at the S&ED in Washington symbolizes the Administration’s perceived need to soft-pedal political and social differences in order to re-right the world’s economy. No bilateral condominium is likely to emerge involving two countries with such radically different values and approaches to “interference in the internal affairs” of the other.

Even the idea of an economically “symbiotic relationship” has turned out to be a chimera. The credit-fuelled consumer consumption and deficit spending by the US were propped up by massive Chinese purchases of US government or government-backed debt. China is now paralyzed by its holdings of more than $800 billion in US Treasury bills: it cannot unwind its investment substantially or rapidly without precipitating a catastrophic decline in the value of its holdings and is reduced virtually to begging the US government to “adopt policies that will protect the value of its investments,” as the regime’s official press service reported after the Washington meeting. At the same time, with America’s budget deficit ballooning under the pressure of two on-going wars and the Administration’s ambitious agenda for health care reform, economic stimulus, and other programs promised during the campaign, Washington is reduced to pleading with Beijing to continue to buy Treasuries while promising not to take measures that would destabilize China’s fragile and questionable economic recovery.

In short, Sino-American economic symbiosis has come to look more like a mutual death grip in which neither side dares make a precipitous move for fear of going over the cliff with the other. Leaders on both sides appear to recognize the very tenuous and touchy situation underlying the relationship and are eschewing grandiose claims or plans for condominium. In today’s increasingly integrated world the Sino-American economic co-dependence is one, albeit the strongest, of the connections that link the two countries. Their divergent political interests and ambitions and their many other respective connections and responsibilities rule out Washington and Beijing running a condominium. Admission of such a reality came from none other than Secretary of State Hillary Clinton who noted that in the decades ahead, “great countries will be defined less by their power to dominate or divide than by their capacity to solve problems…the fresh thinking of the 21st century moves us from a multi-polar world to a multi-partner world.”

On peut ajouter qu’un partenariat aussi manifestement inégal serait bien étrange. Quoiqu’on pense de l’avenir de la Chine, elle est aujourd’hui encore loin d’être une puissance globale capable de faire jeu égale avec les Etats-Unis.

Les trois mythes de la crise

septembre 17, 2009

5 économistes analysent la crise économique et relèvent trois mythes:

Le mythe de l’exubérance irrationnelle: au contraire il n’y avais rien d’irrationnel à investir dans l’immobilier, les prix augmentaient doucement depuis 1929 et la régulation favorisait l’investissement immobilier.

Le mythe des bonus des banquiers: les financiers ont été cupides et en payent le prix. Intuitif mais faux, leur conduite avant la crise ne colle pas en réalité avec le modèle du banquier cupide maximisant le profit en négligeant les risques.

Le mythe de la responsabilité du capitalisme: beaucoup capitalistes se sont effectivement trompés, d’autres non. Et alors? Le régulateur aussi s’est trompé et il a même encouragé les agents économiques à le suivre dans son erreur.

Intéressant, on a souvent tendance à penser que les mauvais résultats sont le fruit d’un mode de décision irrationnelle. Ce n’est pas nécessairement le cas bien au contraire. On souvent de très bonnes raisons pour se tromper.

Une fois l’objectif fixé, la manière la plus efficace de l’atteindre est encore de battre l’armée ennemie, neutralisant ainsi l’opposition à toute entreprise ultérieure. L’objet principal de la stratégie vise donc à éliminer une armée adverse sur un théâtre d’opération donné. Pour Jomini, la stratégie en réalité se réduit à un élément fondamental: les lignes de communication. Pour vaincre, il faut couper les lignes de communication adverse tout en préservant les siennes.  En effet si une armée perd son soutien logistique, sa disparition n’est alors plus qu’une question de temps. Cette nécessité absolue de protéger ses lignes de communication tout en attaquant celle des autres façonnent la quasi-totalité des conceptions stratégiques de Jomini,  c’est autour d’elle que toute sa pensée s’organise.

Mais comment faire? Reprenons depuis le début. Tout d’abord il faut un objectif ou pour reprendre plus précisément la terminologie de Jomini, un “point objectif”. Une fois celui-ci déterminé, il faut choisir la trajectoire de l’armée pour atteindre le point: ce sera la ligne d’opération. Cette ligne d’opération devra partir d’une base capable de soutenir les opérations de l’armée et passera éventuellement par des bases intermédiaires.L’armée a bien entendu la possibilité de changer de ligne en cours de route, ces nouvelles lignes seront les lignes de manœuvre. La ligne d’opération est une abstraction, il ne s’agit pas d’une route déterminé ou d’un fleuve encore qu’elle puisse momentanément se superposer à ces objets. En réalité, une armée se répartira sans doute sur plusieurs routes dans une région donné, chacun détachement séparé par une distances de quelques heures de voyages. Le jeu est alors de maintenir une armée avec une cohésion suffisante et des lignes suffisamment sûr pour pouvoir l’emporter en cas de batailles. Pour cette raison, et si les circonstances si prêtes, notamment si le rapport des forces numériques est favorable, Jomini préconise la concentration des forces et donc des “lignes intérieures”, relativement sûre, pour l’armée. A l’inverse, si le rapport est défavorable, il faudra choisir des “lignes extérieures” et attaquer une fraction de l’armée ennemie aux extrémités, débordant du même coup l’adversaire et donc coupant ces lignes de communication, l’inconvénient est que dans le même temps les lignes de communication amies sont alors elles-aussi en danger. Dans ces deux cas idéal-type, il s’agit d’opposer à l’ennemie la plus grande concentration de force possible sur la partie la plus faible du dispositif adverse, le “point décisif” dans le vocabulaire Jominien. Autre principe finalement assez familier des lecteurs.

C’est à cause de ce problème des lignes de communication  et de l’importance des lignes d’opérations que la géométrie prend de l’importance dans la pensée du général suisse. La géométrie est une manière abstraite de comprendre l’espace, Jomini utilise donc celle-ci comme une métaphore pour faire comprendre le problème des lignes de communication et comment il détermine en bonne partie le choix des les lignes d’opérations. Elle n’est pas déterminante en soit, il ne s’agit en aucun cas de calculer un angle pour déterminer ensuite que telle ligne d’opérations, telle stratégie devra être choisie.

L’une des premières choses qui frappent chez Jomini est l’obsession des définitions, il existe une liste vertigineuse de termes avec chacun un sens précis. A chaque fois, non seulement Jomini définit leur sens mais en plus s’attache à démontrer en quoi il est nécessaire de le distinguer. Jomini dissèque les objets, distinguent les concepts sous-jacents et tire les conclusions. De la sorte, on apprend qu’un fleuve peut être à la fois une ligne de défense, un front d’opération, un front stratégique et bien d’autres choses encore mais malheur à celui qui confond toute ces choses. En fait, la structure par article du livre semble parfois trompeuse, on a plus l’impression de lire un dictionnaire. Cette obsession est intéressante. Pour Jomini, toute chose égale par ailleurs, mieux vaut un officier instruit avec des bons principes qu’un inculte.La définition fait partie d’un processus qui vise à établir un savoir scientifique (le terme étant utilisé plusieurs fois). Le suisse ne s’embarrasse pas comme Clausewitz d’une distinction entre l’étude de la guerre, démarche scientifique, et la pratique de la guerre, relevant par nécessité de l’Art. Pour lui, les principes de la pratique militaire doivent être dégagés scientifiquement. De ces principes généraux doivent découler logiquement une action et le général ayant mis toute les chances de son coté, les hasards de la guerre prendront ensuite  leur part.

Cela ne signifie pas pour autant que Jomini verse dans le dogmatisme et les excès scientistes. La guerre n’est pas pour lui une affaire de géométrie mais d’abord un “drame passionné”. Selon lui , les opérations de Napoléon “les plus brillantes semblent bien plus appartenir au domaine de la poésie qu’à celui des sciences exacts”. La guerre est “vive, hardie, impétueuse, peut être même quelque fois audacieuse”.Il n’en reste pas moins qu’il y a des principes et que Jomini utilise la géométrie quand il l’estime nécessaire.

Pour Jomini l’art de la guerre se décompose en six grandes composants: la politique de la guerre, la stratégie, la grande tactique, l’art de l’ingénieur (les sièges), la logistique et enfin, la tactique de détail. Mais il ajoute aussi une septième catégorie, la politique militaire.

La politique de la guerre et la politique militaire ont en commun que la responsabilité de leur conception et de leur mise en œuvre ne relève pas du domaine d’action  du général en compagne. La politique de la guerre c’est tout simplement décider où, quand, comment, avec quels alliés et pourquoi entrer en guerre. Cela désigne entre autre, l’ensemble des “combinaisons diplomatiques”, de l’Etat en temps de paix et en temps de guerre. Leur impact sur les opérations militaires est tel qu’on peut difficilement considérer que cela ne fait pas partie du domaine militaire sous prétexte que dans la plupart des cas (et à condition qu’une telle distinction organique existe), ces décisions relèvent du pouvoir politique.Jomini consacre dix articles à la politique de la guerre  avec une nomenclature des types de guerres et des exemples. Par ce chapitre, Jomini montre que la séparation entre niveau militaire et politique est organique mais n’est pas dans la logique de l’art de la guerre même s’il ne le dit pas. Décisions politiques et militaires sont intimement liées et les séparer est une nécessité pratique car il est rare dans des systèmes politiques complexes de trouver en une même personne le talent militaire et le talent politique. Mais cette séparation nuit plus qu’elle ne sert.

La politique militaire c’est le reste, ce qui ne dépend pas du général en campagne mais ne dépend pas non plus de la politique de la guerre. Cela recouvre par exemple les aspects institutionnels de l’organisation des armées. Ainsi, la séparation des forces en trois services (marine, air et terre) autonome ou encore chapotés par une chef d’Etat-major est une question qui relève de la politique militaire. Il en est de même de la formation des soldats et des officiers ainsi que du système de promotion. L’armement et tout l’infrastructure industrielle nécessaire à sa production relève aussi de cette catégorie. Il faut aussi s’assurer de la capacité à financer les armées. En définitif, les pouvoirs dont disposent le gouvernement pour faire face à la situation d’exception qu’est la guerre font partie aussi de la politique militaire. Le moral de la population et des armées et les moyens de le soutenir sont aussi à considérer. Et la liste n’est pas exhaustive…

C’est Clausewitz qui a posé le désormais célèbre aphorisme “la guerre est la continuation  de la politique par d’autres moyens”, Jomini, peut être plus pédagogue, montre pourquoi il ne peut pas en être autrement et ce que cela signifie.

Jomini

août 11, 2009

Fait l’acquisition du Précis de l’art de la guerre d’Antoine-Henri Jomini, vais pouvoir enfin comprendre pourquoi “c’est bien connu que les américains sont jominiens” et ce que ça signifie.

 

Le budget attribué par la France à son ministère de la défense est d’un peu moins de 50 milliards d’euros. Si l’on réduit le périmètre au dépense de défense au sens stricte selon les normes OTAN, c’est 35 milliards d’euros qui sont dépensés pour les forces armées françaises soit 1,6% du PIB de la France. Les missions de défense représente environ 13% du budget (cela varie un peu selon les années). Ce sont donc des ressources tout à fait considérables qui sont affectées aux armées et il est légitime de se demander pourquoi.

Pourquoi dépenser autant alors qu’aucune menace ne subsiste aux frontières de la France? Pourquoi dépenser autant alors qu’aucune menace un tant soit peu conventionnelle n’existe? Que l’on se demande bien dans quelle situation la dissuasion nucléaire pourrait être crédible?

Les réponses habituelles sont en général quelques poncifs du genre “on ne sait jamais” ou encore “si tu veux la paix, prépare la guerre”. La guerre est peut être un risque, mais il existe toute sorte de risque. Il est possible que la Terre soit frappé par un astéroïde, investissons nous pour autant dans la défense anti-astéroïde? Non, l’existence d’un risque ne suffit pas à justifier une mission et un budget surtout aussi considérable que celui du ministère de la défense. Encore faut-il que le risque soit significatif. Or on se demande bien aujourd’hui à quoi sert l’armée française et à quoi elle pourrait bien servir à l’avenir. Il est bien possible que si l’armée française existe toujours c’est plus par la force des habitudes et l’intérêt d’un complexe militaro-industriel.

Car quel est aujourd’hui la réalité géopolitique dans laquelle s’inscrit la France d’aujourd’hui. Tout d’abord, fait évident, il n’existe aucune menace militaire conventionnelle au frontière. Tout nos voisins sont enserrés dans un vastes réseaux d’organisations multilatérales et d’interdépendance. Les attitudes face à la guerre en Europe sont négatives. Bref, la guerre sur le Rhin est impossible. Il est possible d’objecter que c’était déjà le cas avant, et pourtant il y avait bien une menace grave: l’URSS. Certes mais l’URSS était motivé par une idéologie qui voulait qu’elle soit l’avant garde d’une révolution, elle avait des moyens sans commune mesure avec la Russie actuelle. Qui oserais prétendre que la Russie a aujourd’hui ou dans le futur l’ambition et les moyens de dominer l’Europe? C’est absurde. Quand bien même la Russie aurait des intentions révisionnistes  en Europe de l’est, ce n’est en aucun cas une menace pour la France. Les pays d’Europe centrale et orientale ainsi que l’Allemagne font écran, c’est leur problème et celui de leur allié américain. En aucun cas est-ce une menace pour la France. Nous n’avons aucune obligation politique ou morale de nous intéresser à leur sort.

A l’heure de la mondialisation, il est commun d’entendre dire qu’une marine est nécessaire pour sauvegarder la sécurité du commerce et défendre nos intérêts à travers le monde. On relèvera d’abord qu’on ne vois pas très bien quelle menace pesant sur le commerce maritime justifie des frégates anti-aérienne à un milliard pièce et encore moins des sous-marins nucléaires d’attaque. Si il s’agit de lutter contre la piraterie, il existe des solutions infiniment moins coûteuses. Quand bien même la piraterie ou une menace un plus lourde, comme par exemple un conflit autour d’une grande route maritime, se manifesterait la France n’est pas plus dépendante que d’autres Etats du commerce maritime. En fait, elle est sans doute moins dépendante que d’autres. Les Etats-Unis d’Amérique bientôt rejoins par d’autres puissances (l’Inde ou la Chine semblent avoir un amour-propre très développé) s’acquitteront fort bien de cette tâche puisqu’ils ont manifestement l’intention d’acquérir grâce à cela prestige et reconnaissance internationale. Peut être que les français désirent le prestige et la reconnaissance des nations, il est plus probable qu’ils préfèrent manger à leur faim, éduquer leurs enfants et vivre tranquillement. Autant de choses auquel 35 milliards d’euros peuvent plus utilement contribuer en étant investit ailleurs que dans des missiles.

Le militaire objectera que le monde est incertain, que de nombreuses crises peuvent survenir. La réponse est simple, soit cette crise est grave et l’on trouvera toujours quelqu’un de plus inquiets pour s’en occuper à notre place car elle concernera de nombreux pays, soit elle est bénigne et dans ce cas nous n’avons même pas besoin de nous poser la question. C’est sans  importance. On voit bien qu’en réalité la France n’a pas besoin de ces fameux moyens de projections.

Enfin, il reste la très coûteuse dissuasion nucléaire, vache sacré du débat français. Est-il aujourd’hui gadget plus inutile? Car enfin,  dans quel scénario l’utilisation de cette arme serait crédible? Il déjà établit qu’il n’y a pas de menace existentielle sur la France.